ANNIVERSAIRE DU CONCILE

Création : mercredi 7 mai 2014 Mis à jour : mercredi 7 mai 2014

ANNIVERSAIRE DU CONCILE


Nous sommes le 8 décembre 2005. Il ya 40 ans, prenait fin le Concile Vatican II. Sans aucun doute, ce fut un cadeau de Dieu que de pouvoir vivre là-bas, sur la Place Saint Pierre, cette matinée radieuse, cette journée porteuse d´espérance, ce moment historique. Aujourd´hui encore, nous pouvons dire de cet évènement : Chantez à Yahvé un chant nouveau, car il a fait des merveilles (Ps 98).
  Et cependant, anniversaire ou non, il convient de rappeler que ce grand évènement du XXº siècle avait deux principaux objectifs qui, -d´une manière générale- sont encore en attente d´une vraie réalisation et d´un accomplissement effectif. Cette situation pourrait aussi être exprimée par les paroles d´un autre psaume : Quarante ans, cette génération m´a dégoûté, et je dis : « Toujours ces coeurs errants, ces gens-là n´ont pas connu mes voies (Ps 95).
  *En premier lieu, le Concile voulait la rénovation de l´Eglise, et ceci en revenant aux sources de l´expérience communautaire des origines. Il a été dit avec justesse que le texte le plus important du Concile est celui des Actes de Apôtres, qui recueille  l´expérience de la première communauté chrétienne (Ac 2, 42-47). Quand le Concile considère ce que doit être l´Eglise (LG 13 ;DV 10), ce que doit être la vie du prêtre (PO 17 et 21), ce que doit être la vie du missionnaire (AG 25) et ce que doit être la vie religieuse, dans chacun de ces cas-là, il recourt au texte des Actes. C´est dans ce but-même que le Concile avait été convoqué :  « Pour redonner au visage de l´Eglise du Christ toute sa splendeur, en restaurant les lignes les plus pures et les plus simples de ses origines » (Jean XXIII, Discours préparatoire, 13-11-1960). L´Eglise qui se renouvelle est communauté qui écoute la parole de Dieu et qui établit un dialogue évangélisateur avec le monde.
* En deuxième lieu, le Concile voulait la reconstruction de l´unité entre les chrétiens. On oublie fréquemment que « promouvoir la restauration de l´unité entre tous les chrétiens est l´un des buts principaux que se fixe le Concile Oecuménique VaticanII ». La division « contredit ouvertement la volonté du Christ et suppose un scandale pour le monde ».  A notre époque, le Seigneur a donné à un grand nombre de personnes et de communautés «  le repentir et le désir de l´union ». Le Concile «  veut proposer à tous les catholiques les moyens, les voies et les manières pour répondre à cette grâce et à cette vocation divines » (UR 1).
  Maintenant, si l´on veut prendre au sérieux  ces grands objectifs conciliaires, chaque église chrétienne (et la nôtre aussi) doit avoir le courage de réviser sa propre tradition à la lumière de la parole de Dieu, à la lumière de l´Evangile. Car tel est le point de rencontre, et aucun autre. Comme le dit Paul dans la Lettre aux Romains : Car je ne rougis pas de l´Evangile : il est force de Dieu pour le salut de tout croyant, du Juif d´abord, puis du Grec (Rm 1,16), pour l´homme religieux (pratiquant) et pour l´homme indifférent (éloigné). Peut-être pour ce-faire, serait-il nécessaire un nouveau Concile qui –en revenant aux sources- libère les églises des vieilles traditions et des légalismes rigides qui empêchent ou gênent l´annonce libératrice de l´Evangile.
  Aujourd´hui, quarante ans après la clôture du Concile, nous constatons la nécessité actuelle et oecuménique de réviser notre propre tradition à la lumière de la Parole de Dieu, de façon à faciliter les deux grands objectifs du Concile, la rénovation écclésiale et la reconstruction de l´unité entre les chrétiens.
  Dans ce sens, se fait sentir la nécessité d´un nouveau concile, un ré-concile qui rendrait possible la réconciliation en attente, selon les paroles de Jésus : Afin que tous soient un (Jn 17,21). La nécessité se fait sentir d´un concile spécial, par exemple, d´ un second concile de Jérusalem (Ac 15), qui signale avec autorité le chemin, qui (de toutes façons) existe; un chemin qui, un jour ou l´autre, peut être parcouru par beaucoup, (personnes ou communautés) qui font leur la réponse de Marie : Je suis la servante du Seigneur ; qu´il m´advienne selon ta parole ! (Lc1,38).