VOUS, JE VOUS TIENS POUR MON PEUPLE .Vous serez mes témoins

Création : mercredi 7 mai 2014 Mis à jour : mercredi 7 mai 2014

VOUS, JE VOUS TIENS POUR MON PEUPLE
Vous serez mes témoins


1. L´expérience de foi est expérience communautaire. Elle crée communauté et la communauté est le milieu adéquat dans lequel se déroule l´expérience de foi. L´Église est un mystère de communion vécu en communauté. Dieu veut un peuple qui soit témoin au milieu des nations: “Vous serez mes témoins” (Ac 1,8). Depuis le début, Dieu a un projet: “Vous, je vous tiens pour mon peuple” (Ex 19,5). Au vu de celà: quel sens recouvre le mot Église? Qu´entendons-nous par communauté ? Quels sont ses traits caractéristiques les plus importants?
2. D´après son sens propre, le mot Église signifie “assemblée”; et Synagogue “réunion”. En grec, “ekklesia” vient de “ekkaleín” qui signifie convoquer et désigne l´”assemblée sainte” du peuple de Dieu (Ex 12,16; 1 Co 11,18). Tous ces termes sont étroitements liés les uns aux autres: assemblée, réunion, communauté. Bien entendu, le mot Église signifie aussi : ”Le regroupement des fidèles chrétiens à la tête duquel se trouve le Pape”, “chacune des communautés qui se définit en tant qu´Église”, “l´état ecclésistique qui comprend tous les membres ordonnés” ainsi que “le temple chrétien”.
3. L´assemblée sainte par excellence, c´est la célébration de la Pâque. La Pâque juive se célèbre dans une ambiance familiale, dans les maisons selon les circonstances et dans le cadre d´un dîner; ce dîner est accompagné de lectures et de psaumes. Le pain aux azymes est, comme les herbes amères,  le symbole des difficultés éprouvées. Il est le pain des opprimés, le pain de la misère et de la hâte; le pain qu´il fallait emporter et qu´il fallait faire cuire avant qu´il ne fermente. Dans le cadre de la Pâque juive, chacun relate sa propre histoire et tous ceux qui sont réunis célèbrent ensemble l´histoire commune d´Israël. C´est l´occasion pour le croyant, d´élever la coupe du salut (Ps 116). Il convient donc de récupérer le sens profond de la Pâque.
4. Au plus profond, l´Église est communauté. Mais combien sont ceux qui vivent leur foi en communauté? Bien peu, nous le déplorons. Et nombreux sont ceux que fait trébucher ce constat global: l´absence de communautés vivantes. La massification, l´individualisme, l´anonymat sont des vices contraires à la communauté ecclésiale. Dans bien des cas, ce que nous contemplons, c´est un champ “d´ossements secs”, la “confusion” de Babel (Gn 11), un “tas de ruines” (Mi 3,12).
5. Tout n´est pas valable. Au milieu du judaïsme conventionnel, résonne l´appel de Jean: “Produisez des fruits dignes du repentir , et n´allez pas dire en vous-mêmes: Nous avons pour père Abraham” (Lc 3,8). La foi ne se reçoit pas comme un “héritage biologique “. Elle demande une réponse personnelle, et c´est dans cette ligne que se situe Jésus quand il réalise sa mission. De même, c´est au milieu du christianisme conventionnel que fait irruption l´appel de l´Évangile. Il n´est pas valable de dire: “Nous avons été catholiques toute notre vie”. Il faut autre chose, car ce qui nous est offert est source d´une profonde insatisfaction. La rénovation ecclésiale est profondément nécessaire. Le “vin nouveau” de l´Évangile doit être mis dans des “ outres neuves!” (Mc 2,22).
6. Au coeur d´une chrétienté qui s´écroule, il convient de revenir à l´Évangile. Quand il évangélise, Jésus n´est pas seul, il partage sa mission. Ils sont là les douze (Mt 10,1), ils sont là les soixante-douze, elles sont là les femmes qui accompagnent Jésus (8,1-3). La communauté devient la nouvelle famille des disciples. Comme le dit Jésus: “Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique” (Lc 8,21). Au coeur de la vigne dévastée, Jésus plante un cep: la communauté des disciples (Jn 15).
7. Pour qui cherche la lumière ou cherche Dieu, le meilleur qui puisse lui arriver est de découvrir un signe, ou de rencontrer une communauté –qui est elle-même signe de l´Évangile- : “Signe élevé pour les nations” (Is 11,12), “lumière des peuples” (Is 49,6), “c´est vous qui êtes la lumière du monde” (Mt 5,14). L´Église n´est pas une armée (relation de supérieur à inférieur), ni non plus une école (relation d´enseignement de maître à disciple), mais bien plutôt une communauté (relation de fraternité: de frère à frère). Et l´Église n´est pas non plus un État: “Mon royaume n´est pas de ce monde” dit Jésus (Jn 18,36).
8. L´Évangile est annoncé comme une bonne nouvelle: Bienheureux, heureux!, dit Jésus. Et ainsi pas moins de neuf fois (Mt 5,3-11). L´Évangile réalise la loi et les prophètes, il dépasse la justice des scribes et des pharisiens (5,21-48) et il continue de maintenir cette tension: “Vous avez entendu qu´il a été dit...; eh bien, moi je vous dis...” (5,21-48). Il ne s´adresse pas à quelques individus qui s´écartent du monde, mais au grand nombre de ceux qui pourraient le transformer. D´une manière toute spéciale, il s´adresse à la communauté des disciples qui trouve dans l´Évangile sa propre identité. Il s´adresse, l´Évangile, au monde entier qui a besoin de ce sel pour être préservé de la corruption, et qui a besoin de cette lumière pour être libéré de l´obscurité (5,13-16).  
9. Pour mener à bien sa mission, Jésus ne s´identifie avec aucun des groupes sociaux et religieux de son temps: Saducéens, Zélotes, Pharisiens, Esséniens, scribes. C´est aux pauvres que Jésus annonce l´Évangile, à la masse des gens soumise par les puissants. L´enseignement de Jésus n´est pas abstrait: là où existe l´oppression, là-même il existe une parole de libération. Comme ce jour-là, à la synagogue de Nazareth (Lc 4,18-19).
10. La mission de Jésus avait commencé dans la périphérie du monde juif, en Galilée; mais son but visait la Judée et, à l´intérieur de la Judée, Jérusalem; et, à l´intérieur de Jérusalem, le temple. Il s´agit d´un objectif engagé et dangereux. Déjà, Jérémie l´avait dit: ”Votre épée a dévoré vos prophètes, comme le lion quand il dépèce sa proie” (Jr 2,30). La marche sur Jérusalem se termine au temple. Le temple est souillé; il devait être maison de prière pour tous les peuples, mais il s´est transformé en caverne de brigands (Mc 11,17; cf. Jr 7,11). Le temple doit être purifié; plus encore, le temple doit être remplacé (Jn 2,13.22). La construction du nouveau temple se fera en esprit et en vérité (Jn 4,24), au moyen de pierres vivantes (1P 2,5).  
11. Babel est un mystère d´idolâtrie, de confusion et de dispersion, et, par
son infidélité, Jérusalem s´associe au destin de Babel: “J´appellerai mon peuple celui qui n´était pas mon peuple (Rm 9,25-26). La Pentecôte est le contrepoint de Babel: mystère de foi, de communication, de communion. L´esprit est comme le vent: “Il souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d´où il vient ni où il va” (Jn 3,8). Il est comme le feu qui brûle au coeur de la prédication des prophètes: “Alors le prophète Élie se leva
comme un feu, sa parole brûlait comme une torche” (Si 48,1). Il est comme une langue étrangère, une langue inconnue: “Une langue inconnue se fait entendre: du fardeau, j´ai déchargé ses épaules; ses mains, le couffin elles l´ont déposé à terre” (Ps 81). “Ce jour-là, il s´adjoignit à eux environ trois mille âmes” (Ac 2,41). Ainsi naît, ainsi renaît, ainsi se renouvelle l´Église: en revenant au cénacle (Ac 1,13-14 et 21), en revenant à la Pentecôte, en revenant aux sources de l´expérience communautaire des Actes de Apôtres.
12. Les premières communautés chrétiennes sont des groupes d´hommes et de femmes qui se réunissent habituellement “le jour du Seigneur” (Ac 1,7). Entre eux tous s´établit une relation de fraternité. De cette manière, le mystère de communion qui constitue l´Église (LG 1) devient visible même aux yeux des non-croyants; ceux-ci disent: “Regardez comme ils s´aiment”; ils sont comme une grande famille: “Vous êtes tous frères” (Mt 23,8).    
13. Le fondement de cette communion, ce qui, réellement agglutine la nouvelle famille des disciples, c´est la parole de Dieu. Celui qui accueille la parole se trouve en lien avec la communauté. Dans les premières communautés, la parole de Dieu se fait expérience du Christ (Ac 2,36) et expérience de conversion (2,38).
14. La première communauté chrétienne est lieu d´enseignement, de communion, de célébration et de prière: “Ils se montraient assidus à l´enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et à la prière” (Ac 2,42). Dans la communauté, se produisent des signes (2,45) qui confirment la parole annoncée (Mc 16,20). La communion des coeurs se traduit en une réelle communication de biens: “Tous les croyants vivaient unis et ils mettaient tout ce qu´ils avaient en commun” (Ac 2,44); “nul ne disait sien ce qui lui appartenait” (4,32). L´accueil est une dimension de la communauté et celle-ci est ouverte à l´incorporation de nouveaux membres: “Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui seraient sauvés” (2,47).
15. Les premières communautés constituent une minorité au coeur de la société, mais elles sont “ comme une ville édifiée tout en haut d´une montagne” (Mt 5,14), “comme la levure dans la pâte pour le pain” (Lc 13,21). En son sein, se produit un processus d´évangélisation des adultes ainsi que des enfants. La catéchèse la plus ancienne se fait par immersion dans la vie de la communauté. On se réunit là où cela est possible; en général, chez les uns ou les autres, “dans les maisons”. Ainsi, par exemple, chez la mère de Jean appelé Marc, à Jérusalem (Ac 12,12); chez Aquilas et Prisca, à Éphèse et à Rome (1 Co 16,19); chez Philémon, à Colosses (Phm 2) ou chez  Nymphas, à Laodicée (Col 4,15). À l´origine, le mot paroisse (para-oikia) se réfère aux premières communautés qui se réunissent chez les uns ou les autres (Ac 2,46). Il peut arriver que l´on adapte la maison à son nouvel usage:  tel est le cas de la maison de Dura Europos, ville des bords de l´Euphrate, vers l´an 232; dans la salle de réunion, tenait environ une soixantaine de personnes. Quant à la maison de Pudens –dans laquelle fut hébergé Pierre, à Rome- elle put aussi servir  à cet usage. À Santa Pudencia  (de Pudens), ont été trouvées des briques portant le sceau de Q. Servius Pudens.
16. Vers la moitié du IIº siècle, voici ce qu´écrit l´auteur de la Lettre à Diognète: “Les Chrétiens ne se distinguent du reste des hommes ni par leur pays, ni par leur langue, ni par leurs coutumes... Ils habitent leur propre patrie, mais comme si ils y étaient des étrangers; ils participent à toutes les activités en tant que citoyens, mais ils supportent tout ce qui est le lot des étrangers; toute terre étrangère est pour eux une patrie, et toute patrie est pour eux une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, et comme tout le monde, ils engendrent des enfants; mais ils n´exposent pas les nouveaux-nés.  Ils partagent leur table, mais pas leur lit. Ils vivent immergés dans le matériel, mais ils ne vivent pas selon le matériel. Ils passent le temps de leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéïssent aux lois établies, mais par leur vécu, ils vont au-delà des lois”(V,1-10).
17. Les premières communautés se trouvent dans une situation politique et religieuse adverse. L´Église naissante, on la traite de “secte” (Ac 24,5.14). Saint Paul dit: “Aux prises avec les tribulations, mais non pas écrasés” (2 Co 4,8-9). Dans la Lettre à Diognète, il est aussi écrit: “Ils aiment tout le monde, mais tout le monde s´en prend à eux; on ne les connaît pas, mais on les inculpe quand même; on les met à mort, mais ils disent y trouver la vie; ils sont pauvres, mais nombreux sont ceux qu´ils enrichissent; ils manquent de tout, mais ils ont tout ce qu´il leur faut; ils sont déshonorés, mais au coeur-même du déshonneur, ils se sentent dignifiés. On dit du mal d´eux et, en même temps, on dit que ce sont des gens de bien. On se moque d´eux, mais eux font preuve de bienveillance. On les couvre de mépris, mais eux se montrent respectueux. Ils font le bien, mais on les inculpe comme des malfrats; quand ils sont condamnés à mort, eux se réjouissent comme si on leur donnait la possibilité de vivre. Ils sont en prises, d´un côté à l´hostilité des Juifs qui les traitent de marginaux et, de l´autre, aux critiques des Grecs; et néanmoins, ceux-là mêmes qui les détestent sont incapables de donner le motif exact de leur haine” (V,11-17).
18. La communauté est l´espace le plus sensible dont nous disposons pour écouter la parole de Dieu, reconnaître la présence du Christ, accueillir l´action de l´Esprit. C´est la piscine de Siloé dans laquelle l´aveugle de naissance guérit de sa cécité originelle (Jn 9,7). Elle est le lieu où Paul, aveuglé par la lumière du Seigneur sur le chemin de Damas, récupère la vue et récupère ses forces (Ac 9,3-19). Elle est le sein maternel, dans lequel se fait la gestation de l´homme nouveau “ par l´intermédiaire de la Parole de Dieu, vivante et permanente” (1 P 1,23). Elle est le corps du Christ     (1 Co 12,27), animée par l´Esprit de Dieu (12,13).
19. Depuis la convocation du Concile, “un signe grandiose est apparu dans le ciel” (Ap 12,1): l´expérience communautaire des origines, en tant que guide et inspiration de la rénovation de l´Église: “Le rôle du Concile Oecuménique a été conçu pour rendre à l´Église du Christ toute sa splendeur, en révélant les traits les plus simples et les plus purs de son origine”. Ce signe, perçu et proclamé par Jean XXIII, constitue le modèle et le code de référence de la rénovation conciliaire.     
20. Le Concile Vatican II voit, dans l´expérience communautaire des origines (Ac 2,42-47), le modèle à suivre non seulement pour la vie religieuse (PC 15,1), pour la vie des missionnaires (AG 25,1) et celle des prêtres (PO 17,4 et 21,1), mais aussi pour celle de tout le peuple saint de Dieu (LG 13,1;DV 10,1). L´Église est “signe et instrument de l´union intime avec Dieu et de l´unité du genre humain tout entier” (LG 1); “Dieu a voulu sauver les hommes non pas individuellement et isolés les uns des autres, mais bien en tant que peuple” (LG 9).
21. Lorsqu´elle est communauté, l´Église devient lumière des peuples (LG 1), signe élevé au milieu des nations (SC 2), sacrement universel de salut (GS 45). Ce n´est pas l´individu -mais bien la communauté- qui peut évangéliser. Ce n´est pas l´individu -mais bien la communauté- qui renouvelle en profondeur l´Église. Ce n´est pas l´individu -mais bien la communauté- qui peut réaliser une contestation effective de la société telle qu´elle est configurée dans l´actualité. Ce n´est pas l´individu -mais bien la communauté- qui peut vivre aujourd´hui les signes de l´Évangile.
22. À l´époque dans laquelle nous vivons, il convient de reconstruire le tissu communautaire de l´Église. Les premières communautés comptaient 20 à 60 personnes; au Moyen-Âge, beaucoup de paroisses ne dépassaient pas 300 âmes et les grandes villes comptaient entre 10 000 et 50 000 habitants. De nos jours, bien des paroisses sont d´authentiques villes du Moyen-Âge. Est-il possible, alors, de parler de véritable communauté chrétienne? Lors du Synode de la Catéchèse (1977), fut approuvée -pratiquement à l´unanimité- cette proposition: “Dans la réalité, bon nombre de paroisses sont loin de constituer, pour différents motifs, une véritable communauté chrétienne. Et cependant, la voie idéale pour renouveler cette dimension communautaire de la paroisse, pourrait être de la transformer en une communauté de communautés”. Aujourd´hui, c´est à peine si on se le rappelle; la solution provoque la peur.  
23. L´unité de l´Église est catholique et universelle; et ce, pour permettre d´y réunir toute la diversité de l´humanité (Ac 10,10-16), pour y permettre l´adaptation à tous (1 Co 9,22), pour permettre en son sein l´inclusion de l´univers tout entier (Mt 28,19). L´Église d´aujourd´hui requiert plus de respect à la diversité légitime et plus d´unité sur les questions fondamentales de la foi. Lors de la Cène, Jésus prie pour l´unité des disciples: “Que tous soient un” (Jn 17,21). Unis dans le mystère de Dieu, unis dans le mystère de l´Église: ce mystère est à la portée de chacun puisque, dit Jésus: “Que deux ou trois soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d´eux” (Mt 18,20).
24. Soyons attentifs, il demeure un reste: “Je ne laisserai subsister au milieu de toi qu´un peuple pauvre et humble, et c´est dans le nom de Yahvé que cherchera refuge le reste d´Israël” (So 3,12-13); ne l´oublions pas. La vieille chrétienté, avec ses ruines séculaires, est en train de s´écrouler. Elle n´est pas en mesure de supporter le raz de marée que sont les changements profonds et accélérés du monde contemporain. Ainsi l´avait dit Jean Paul I à son conseiller théologique don Germano: “Tu es témoin: ce n´est pas le Concile qui a rompu les barrières de contention, comme on l´a entendu dire et comme on l´entend encore dire à des esprits infortunés. Ce n´est pas lui qui a été la cause de l´écroulement des idées et des valeurs, des règles, des traditions et des coutumes, jusque là valables et inamovibles. Le Concile s´est produit par la volonté de Dieu dans un monde en rapide transformation culturelle, sociale et religieuse” (Bassotto, 132). Au coeur de cette situation, est survenu le Concile et il nous a renvoyés aux sources de l´expérience communautaire. Bien souvent, nous le chantons, depuis bien longtemps: “Non, pas l´Église inerte,/ qui avec dépit observe / la vieille chrétienté en plein écroulement!/ C´est celle qui se convertit, / celle qui revient aux sources / de l´Église naissante,/ communauté étant”.