INTRODUCTION 2

Création : lundi 5 juillet 2010 Mis à jour : lundi 27 mai 2013

La question de Jésus à ses disciples ne cesse de résonner vingt siècles après. Elle s´adresse à chaque homme et parvient jusqu´à nous: Et vous, qui dites-vous que je suis? A cette question, il n´est possible de répondre que depuis une expérience de foi actuelle, dans laquelle s´actualise la profession de foi de l´Eglise naissante: Un seul Dieu et un seul Seigneur.

On peut être catholique depuis toujours, et cependant, ne pas distinguer Dieu le Père du Christ. On peut être juif (ou musulman), et avoir vécu une expérience vivante de Dieu, mais ne pas savoir quoi faire du Christ; dans le meilleur des cas, il serait un envoyé de Dieu, un prophète de plus. On peut voir très clairement que Jésus est le Seigneur, mais ne pas comprendre que le Seigneur Ressuscité est “le premier né parmi beaucoup de frères” (Ro 8,29), prémices d´une grande récolte (1 Co 15,20). On peut découvrir que “les morts ressuscitent” (Lc 20,37), mais oublier que Jésus est le Seigneur, le Christ.

On peut demander au Christ un signe, comme le faisaient les pharisiens et les saducéens (Mt 16,1), qui représentaient la religion officielle, mais être incapable de discerner les signes du temps présent (16,3), les signes du royaume de Dieu. Et cependant, il est à la portée de n´importe qui de les discerner, comme on peut discerner les signes du temps qu´il va faire. Génération mauvaise et adultère! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas (16,4), l´appel à la conversion, l´annonce du dernier délai.

On peut être disciple de Jésus, et oublier les signes. Les disciples doivent être attentifs, ouvrir les yeux, et se garder du levain des pharisiens et des saducéens qui fermente dans la pâte. Ils doivent se garder de la doctrine des représentants de l´Eglise officielle, qui se propage, et qui fait beaucoup de mal (16,6.12). Les disciles ont vu les signes (par exemple, la multiplication des pains qui jaillit du partage), mais ils les oublient. Nous sommes-là devant une autre forme d´incapacité de vivre l´Evangile.

  Jésus étant arrivé dans la région de Césarée de Philippe, il demanda à ses disciples: Au dire des gens, qui est le Fils de l´homme? Ils répondirent: Pour les uns, Jean le Baptiste; pour d´autres, Elie; pour d´autres encore, Jérémie ou l´un des prophètes (16,13-14). C´est à dire que les gens perçoivent que c´est un envoyé de Dieu, un prophète. Peut-être certains se laissent-ils entraîner sur les sentiers de la réincarnation: un prophète qui serait revenu à la vie.

  Jésus leur dit: Et vous, qui dites-vous que je suis? Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui répondit: Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, parce que ce n´est pas la chair et le sang qui t´ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux (16,15-17). C´est sur la profession de foi au Christ que se fonde la communauté chrétienne. Et ceci ne nous vient ni de la famille, ni de nos ancêtres, chacun d´entre nous a besoin que Dieu lui dise: qui est Jésus de Nazareth?

  Faire l´expérience du Christ touche au sens le plus profond de la vie. Celle de Pierre acquiert un sens insoupçonnable: Eh bien moi, à mon tour, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l´Hadès ne pourront rien contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre demeurera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre demeurera délié dans les cieux (16, 18). Sur la profession de foi de Pierre se construit l´Eglise. Et il n´y a rien (ni l´Hadès, ni l´enfer, ni le mal, ni la mort), il n´y a rien qui puisse détruire la communauté, qui puisse prévaloir sur l´Eglise. Le pouvoir de lier et de délier (pouvoir de jujer) qui est donné à Pierre ne signifie de sa part aucun arbitraire. Sa mission est inhérente à la parole du Christ qui, (encore actuellement) édifie l´Eglise.

  Alors, il recommanda à ses disciples de ne dire à personne qu´il était le Christ (16,20). Comment comprendre ce geste? Ce que nous devons annoncer maintenant au monde entier (Ac 2,36), Jésus leur dit de le taire. De toute évidence, Jésus est en danger. Le messie, le christ, l´élu de Dieu, celui qu´on attendait, peut être mal compris: dans un sens nationaliste. Et c´est un terrain brûlant. L´évangile de Jésus ne justifie aucun nationalisme. Nous devons réinterpréter pour nous-mêmes ce que signifie le Christ.

  A partir de ce moment-là, Jésus commença à annoncer à ses disciples qu´il devait aller à Jérusalem, y endurer de grandes souffrances de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour (16,21). Pour Jésus, le conflit avec les trois groupes qui composent le sanhédrin devient inévitable: les anciens, les grands prêtres et les scribes. Mais la mort, le mal, l´enfer, l´Hadès ont un pouvoir limité: ils tuent le corps, mais ils ne peuvent rien de plus (Lc 12,4).

  Et cependant, Pierre croit que le triomphe du Christ est encore possible, et il ne veut pas entendre parler d´un Christ souffrant. Et il le prend même à part, avec un air de supériorité, et il fait des remontrances au Maître: Pas question, Seigneur! En aucun cas cela ne peut t´arriver! Mais lui, en se retournant, dit à Pierre: Disparais de ma vue, Satan! Tu es pour moi un obstacle, parce que tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes! (Mt 16,22-23).

  Alors, Jésus dit à ses disciples: si quelqu´un veut me suivre, qu´il renonce à lui-même, qu´il prenne sa croix, et qu´il me suive. Parce que celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. Et que servira à l´homme de gagner le monde entier, s´il  perd sa vie? Ou bien, est-ce-que l´homme peut donner quoi que soit en échange de sa vie? (16,24-26). Dans le fait de suivre Jésus ou de le rejeter, c´est la vie-même qui est en jeu.

  Le jujement est en cours: parce que le Fils de l´homme doit venir dans la gloire de son père, avec ses anges, et alors il rétribuera chacun selon sa conduite. Je vous l´assure: parmi ceux qui sont présents ici, il en est qui ne feront pas l´expérience de la mort avant d´avoir vu venir le fils de l´homme et son royaume(16,27-28). Et c´est quelquechose qui est déjà en train de se produire.

  *Dans les thèmes qui suivent, nous nous situons devant ce que signifie le Christ dans notre expérience de foi. Pour ce faire, nous nous posons la question: Pour nous, qui est Jésus Christ? (thème 12).

  *Nous nous approchons des origines de Jésus, depuis l´expérience de foi actuelle. Nous contemplons son humanité, réellement reliée à la nôtre, ainsi que sa transcendance, dont l´origine se situe au plus profond du mystère de Dieu (thème 13).

  *Nous ne pouvons pas nous approcher du Christ aujourd´hui, sans passer par sa Parole, ce qu´il a dit et ce qu´il a fait, par son enseignement, son action, sa mission. Tout a commencé en Galilée. Nous ne pouvons pas non plus nous approcher du Jésus de l´histoire sans tenir compte de celui qui aujourd´hui est avec nous (thème 14). Thèmes complémentaires: la mission des douze, les commandements “plus petits”. 

   *Le mystère pascal marque l´existence de Jésus et l´existence du disciple. Comme le dit Saint Paul, nous annonçons un Christ crucifié (1 Co 1,23). Jésus vit sa passion et sa mort comme un baptême (Lc 12,50), comme un exode, comme un passage de ce monde à son Père (thème 15). Thèmes complémentaires: Range ton épée dans le fourreau, Il n´est pas ici, Il est ressuscité.

  *A la lumière de l´expérience de foi, nous nous demandons qui est Jésus de Nazareth. Nous contemplons sa personnalité sous différents angles: les caractéristiques de son identité, ce que disent de lui les sources non-chrétiennes, ce que perçoivent les gens qui le suivent, ce que dit Jésus de lui-même, ce que confesse l´Eglise naissante (thème 17).    

  *Le don de l´Esprit est une expérience qui jaillit à flots comme fruit de la Pâque du Christ. Comme le dit Pierre, “ce que vous voyez et entendez” c´est l´exaltation de Jésus de la part de Dieu, l´accomplissement de sa Parole (thème 18). Thème complémentaire: Bain dans l´Esprit.

  *Dieu, personne ne l´a jamais vu; c´est le Fils unique, qui est dans le sein du Père, qui nous l´a fait connaître (Jn 1,18). Jésus nous fait connaître le véritable visage de Dieu (thème 19).

  *Aborder la prière, apprendre à prier (Lc 11,1), fait partie du processus d´évangélisation En réalité, nous ne savons comment prier. Les mots nous manquent. Nous pouvons prier avec les psaumes, comme le faisaient les premières communautés, en l´esprit de Jésus: notre Père (thème 20).

  *C´est en écoutant la Parole et par le don de l´Esprit que nous pouvons comprendre la relation de Jésus avec Dieu: Nul ne connaît le Fils si ce n´est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n´est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler (Mt 11, 27); par Lui, les uns et les autres, nous avons accès au Père dans un même Esprit (Eph 2, 18) (thème 21).

 

                                          14. TOUT A COMMENCÉ EN GALILÉE

 

1.      Depuis le début, l´Eglise naissante a eu, comme point de référence fondamental, ce que Jésus a fait, ce qu´il a dit, c´est à dire son enseignement, son action, sa mission. C´est ce que nous faisons aujourd´hui, si nous faisons nôtre la mission-même de Jésus, si nous écoutons, en considérant qu´elle s´adresse à nous, la parole du Seigneur Ressuscité qui nous dit: Comme le Père m´a envoyé, moi-aussi  je vous envoie (Jn 20,21). Nous pouvons nous demander s´il en est vraiment ainsi.

2.      Comme le dit Pierre chez Cornelius, tout a commencé en Galilée (Ac 10,37). Les commencements s´enracinent dans le fait suivant: le baptême de Jésus, baptême- modèle pour tous les croyants à venir. Le baptême manifeste la relation du Père avec Jésus. Les cieux s´ouvrent, les cieux rompent leur silence, et l´on entend cette Parole: C´est toi mon fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 1,11). Ici est évoquée, et dépassée, la figure du Serviteur de Yahvé: Voici mon Serviteur..., mon Elu, en qui mon âme se complaît (Is 42,1). La parole devient vivante par l´action de l´esprit de Dieu, et naît un homme nouveau, un monde nouveau: il vit se déchirer les cieux, et l´esprit, comme une colombe, descendre vers lui (Mc 1,10). Et s´accomplit pleinement ce qui est dit du Serviteur: Sur lui repose mon esprit (Is 42,1). Ce baptême dans l´esprit assume et dépasse le baptême de Jean. Jean baptise dans l´eau pour la conversion, Jésus baptise dans l´esprit saint et dans le feu (Mt 3,11), dans l´eau et dans l´esprit (Jn 3,5).

3.      Dépassant toute tentation allant à l´encontre sa propre mission, (Mt 4,1-11), au-moment où Jean est arrêté, Jésus commence sa prédication en Galilée, de l´autre côté du Jourdain, la Galilée des païens. Son message est le suivant: Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche (Mt 4,17; cf. Is 52,7). L´annonce faite par Jésus fait irruption dans un monde enchaîné, en proie à l´obscutité et au besoin de libération: le peuple qui habitait dans les ténèbres vit une grande lumière (Mt 4,16). Jésus annonce l´action de Dieu, et il appelle à la conversion. Ceci étant dit, le message de Jésus (qui constitue un défi) s´introduit dans un monde dans lequel, de façon évidente, règne l´expérience contraire. Le monde n´a pas besoin de Dieu, il ne reconnaît pas son action dans l´histoire, et il ne croit pas possible (ou pas nécessaire) la conversion.

4.      Continuellement en déplacement, à l´air libre (Mt 5,2), de passage dans les maisons  (Mc 2,1), dans les synagogues (1,21), ou dans le Temple (Lc 19,47), Jésus n´a pas d´autre force que le grain qu´il sème et qui prend racine dans la terre (Mt 13,3-9.18-23), la Parole qui s´accomplit dans l´histoire: Dieu parle, Dieu agit. Le Royaume arrive quand la Parole de Dieu s´adresse aux hommes. La Parole croît sans que l´on sache comment, par son propre pouvoir (Mc 4,26-29). Elle fait fermenter et lever le monde, comme le fait la levure introduite dans la masse (Mt 13,33). Jésus fait sentir sans détour à tout homme qui s´approche de lui avec un coeur sincère la proximité de Dieu. Les disciples en sont témoins. Jésus leur dit: Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! (Lc 10,23-24). Jésus porte en lui-même le Royaume de Dieu. Et cela donne à sa personne une autorité sans égale: les gens étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité, et non comme leurs scribes (Mt 7,28-29).

5.      Avec son appel à la conversion, Jésus nous met en présence du Dieu vivant: Non seulement tu n´auras pas d´autres dieux (Deut 5,7), mais aussi tu chercheras par-dessus tout le royaume de Dieu et sa justice (Mt 6,33). Non seulement tu ne jureras pas mensongèrement (Deut 5,11), mais encore tu ne jureras pas du tout  (Mt 5,33-34). Non seulement tu respecteras la loi du sabbat (Deut 5,12-15), mais encore le sabbat a été fait pour l´homme (Mc 2,27), et tu t´alimenteras du  pain de vie (Jn 6,35-51). Non seulement tu honoreras ton père et ta mère (Deut 5,16), mais encore ceux qui écoutent la Parole de Dieu seront ta famille (Mc 3,31-35). Non seulement tu ne tueras pas (Deut 5,17), mais encore tu aimeras ton ennemi (Mt 5,43-46). Non seulement tu ne commettras pas d´adultère (Deut 5,18) ni ne forniqueras (Sir 41,17) ni ne désireras la femme de ton prochain (Deut 5,21), mais encore tu seras fidèle de tout ton coeur (Mt 5,27-30). Non seulement tu ne voleras pas (Deut 5,19) ni n´envieras les biens des autres (5,21), mais encore tu partageras tes propres biens (Lc 19,8-10). Non seulement tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain (Deut 5,20) ni ne mentiras (Pro 12,22), mais encore tu lui trouveras des excuses, tu lui pardonneras (Mt 18,21-22), et tu chemineras dans la vérité (Jn 8,32). De l´amour pour Dieu et de l´amour pour le prochain  découlent toute la Loi et les prophètes (Mt 22,40)

6.        Jésus appelle à la conversion, et il annonce que le royaume de Dieu est en action. En vertu de cet évènement, la conversion est offerte à l´homme gratuitement, pour rien. De plus, elle s´offre à des hommes qui, par eux-mêmes, ne sont pas capables de pratiquer la Loi. Si une telle annonce n´était faite dans un contexte de grâce, elle ne serait pas reçue comme une bonne nouvelle, mais comme une mauvaise nouvelle. L´homme est soumis à des maîtres trop puissants pour être capable, par lui-même, de changer: aucun de vous ne pratique la Loi (Jn 7,19), dit Jésus aux Juifs (et ils veulent le mettre à mort). L´homme a besoin de naître d´en haut (Jn 3,3.7), c´est à dire: de l´esprit de Dieu. Ceci étant dit, si l´homme change, s´il poursuit un processus sérieux de conversion, alors c´est que le Royaume de Dieu est bien au-milieu de nous (cf. Lc 11,20).

7.      Jésus enseigne les foules au-moyen de paraboles (Mc 4,2), mais aux disciples il réserve à part (4,14), un enseignement spécial, par lequel il leur fait partager avec lui les secrets du royaume de Dieu. Jésus leur apprend à écouter la Parole, la Parole du royaume (Mt 13,19); il leur enseigne la justice nouvelle, dont les exigences apparaissent  en résumé dans le Sermon sur la Montagne (Mt5,1-48); au moment opportun, il leur apprend à prier(Lc 11,1-4); et enfin, il partage avec eux sa propre mission et les envoie évangéliser (Mc 3,14).

8.      Quand il évangélise, Jésus n´est pas seul, il est avec les disciples qui l´accompagnent: les douze (Mt 10,1) et, au-delà de ce cercle intime, le groupe qui suit Jésus (8,21), ainsi que les soixante-douze qu´il envoie en mission (Lc 10,1). La communauté devient la nouvelle famille du disciple, dans laquelle est vécu l´amour fraternel (Mc 4, 34; Jn 13,35) et où, -par le partage-, se multiplient les pains (Jn 6,5-15), l´école où est dispensé l´enseignement spécial de l´Evangile, le centre de mission depuis lequel est diffusé l´Evangile reçu.

9.      Pour mener à bien sa mission, Jésus ne s´identifie avec aucun des groupes sociaux et religieux de son temps: les saducéens (membres de l´aristocratie juive et de l´institution sacerdotale, qui collaborent avec le pouvoir romain), les zélotes (partisans de la révolution violente, issus du milieu des travailleurs), les pharisiens (stricts observateurs de la Loi de Moïse et apolitiques), les esséniens (ascètes religieux qui se retirent du monde), les scribes (minorité d´intellectuels, qui se consacre à enseigner les Ecritures sans écouter la Parole). Jésus s´éloigna de ces groupes, et prit parti pour les pauvres, pour la foule humilliée et abattue (Mt 9,36). Ainsi s´accomplit la prophétie d´Isaïe: l´Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu´il m´a oint. Il m´a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer la liberté aux captifs et, aux aveugles, le retour à la vue (Lc 4,18).

10.  Les scribes et les pharisiens accusent Jésus de ne respecter ni la loi (613 préceptes) ni le sabbat (cf. Mc 2,15-28 et 7,1-23). Ils lui reprochent aussi une habitude qu´ils considèrent comme scandaleuse: Cet homme fait bon accueil aux pêcheurs, et il mange avec eux! (Lc 15,2). De ce fait, ils formulent, sans en avoir l´intention, un signe d´identification de la mission de Jésus. Jésus se défend: Je ne suis pas venu appeler à la conversion les justes, mais les pécheurs (Lc 5,32). Et aussi: Je ne suis pas venu abolir la Loi et les Prophètes, mais l´accomplir (Mt 5,17).

11.  Dans la mission de Jésus, les faits accompagnent les paroles (cf. DV 2). Jésus annonce une parole qui se réalise. Les signes accompagnent la prédication. Et c´est ce que dit Jésus aux envoyés de Jean: les aveugles voient, les boiteux marchent, les taches des lépreux disparaissent, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres (Lc 7,22).
Jésus enseigne et guérit (Mt 9,35), il évangélise là où il apparaît que la vie est menacée, diminuée et même atteinte : Je suis venu pour qu´ils aient la vie, et la vie en surabondance (Jn 10,10). Les signes ou miracles que fait Jésus sont la Parole de Dieu faite évènement. Aujourd´hui comme hier, ce langage n´est pas compris par l´homme orgueilleux, mais il est perçu par celui qui –sachant que rien n´est impossible pour Dieu- accueille l´action de Dieu dans l´histoire, chaque fois que le contexte de l´évènement indique que Dieu se signale à nous.                             

* Dialogue: Vivons-nous aujourd´hui ce qui a commencé en Galilée?