54. UN TEMPLE NOUVEAU .Vent de rénovation

Création : lundi 31 mars 2014 Mis à jour : lundi 15 septembre 2014

 54. UN TEMPLE NOUVEAU
  Vent de rénovation


1. La Nouvelle création qu´inaugure l´Évangile suppose-t-elle un temple nouveau? Quelle relation existe-t-il entre rénovation et Évangile? La rénovation ecclésiale requiert-elle un temple nouveau, l´Évangile le requiert-il aussi? Que dit l´Esprit aux Églises -au pluriel- (Ap 3,22)? Soyons-en certains, le Concile ne se réduit pas à des documents. C´est avant tout un événement prophétique: vent de rénovation, vent d´esprit qui -peut-être- est allé au-delà de ce qu´on en attendait. “Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d´où il vient ni où il va” (Jn 3,8). Cinquante ans après le Concile, c´est quelquechose qu´il faut rappeler: il est nécessaire de faire  retour à l´expérience communautaire des origines en tant que référence de la rénovation ecclésiale. Ce sont, d´ailleurs, les Actes des Apôtres que Paul VI offrit en cadeau aux prêtres ordonnés en 1969.
2. Dès le début, l´annonce de la convocation du Concile supposa, pour plus d´un, remplir ses poumons d´une atmosphère nouvelle, extraordinaire, une atmosphère créée par le vent de l´esprit, le vent de la rénovation. Ne peut établir un bon diagnostic de l´étape post-conciliaire celui qui n´a jamais respiré cette atmosphère (ou ne la respire plus). Évoquons ici ce moment, la genèse immédiate du Concile, ainsi que les espérances ecclésiales qu´il suscita.
                                    Événement prophétique
3.“L´idée du Concile, dit Jean XXIII, n´est pas venue à maturité comme le fruit d´une méditation prolongée; mais bien comme la fleur d´un printemps inattendu” (H. Fesquet, Las florecillas del Papa Juan, Estela, 1964, p.108). Le 20 janvier 1959, le Pape se sent surpris par une grande grâce: celle-ci fait que “lui paraissent simples et immédiates à exécuter quelques idées qui n´ont rien de complexe; elles sont au contraire très simples, mais  d´une vaste répercussion et d´une grande efficacité face à l´avenir; et vouées à un succès immédiat”. Il ´agissait, dans le fond, d´”accueillir les bonnes inspirations du Seigneur, avec simplicité et confiance”.
“Le premier à être surpris de cette initiative, ce fut moi-même; elle venait de moi sans que personne ne m´ait donné aucune indication à ce sujet. Je dois dire qu´après, tout m´a paru tout à fait naturel dans sa mise en place, tant immédiate que dans son déroulement. Après trois années de préparation laborieuse, me voici maintenant au pied de la montagne sainte. Que le Seigneur me prête son soutien pour tout mener à bon terme” (Jean XXIII, Diario del alma, Cristiandad, Madrid, 1964, pp. 406-407).   
5. Jean XXIII annonce la célébration du Concile le 25 janvier 1959 à la basilique Saint Paul, dans le cadre d´une cérémonie qui clôture la semaine de prière pour l´unité des Chrétiens. Le 13 novembre 1960, commence la phase préparatoire du Concile, voici les mots du Pape: “L´oeuvre du nouveau Concile Oecuménique tend vraiment en son entier à faire briller sur le visage de l´Église de Jésus les traits les plus simples et les plus purs de ses origines et à la présenter telle que son Divin Fondateur la créa: sans tache ni ride” (Jean XXIII, Un Seigneur, une foi, un baptême; 13-11-1960).
6. L´entreprise n´était pas facile et elle demandait du courage. À Jean XXIII, il revenait de remonter le moral: “Nous devons nous remplir de courage... Non, le Christ, le Fils de Dieu, notre Sauveur, ne s´est pas retiré du monde qu´il a sauvé; et l´Église fondée par Lui, une, sainte, catholique et apostolique, continue d´être son corps mystique: Lui en est la tête, à laquelle chacun d´entre nous est relié, à laquelle chacun d´entre nous appartient”.  
7. En appelant à la rénovation, Jean XXIII rend actuelles les espérances prophétiques: “Ne vous semble-t-il pas entendre l´echo d´une voix lointaine qui parvient jusqu´à nos oreilles et jusqu´à nos coeurs? Debout! Resplendis Jérusalem! Car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire du Seigneur (Is 60,1). C´est Lui, le lointain Isaïe, qui nous fait cadeau de la mélodie du premier chant triomphal, qui recueille les échos de la ferveur mélodieuse qui s´élève d´entre toutes les langues, toutes les tribus et tous les peuples”.  Et en effet, depuis l´annonce de la convocation du Concile, “le monde de la chrétienté l´a remarqué: un courant de spiritualité émeut les âmes de vibrations insolites” ( Jean XXIII, Allocution papale, 14-11-1960).
8. À un embassadeur qui lui demandait ce qu´il attendait du Concile, Jean XXIII fit la réponse suivante: “ Le Concile?, -dit le Pape en s´approchant de la fenêtre et en faisant un geste pour l´ouvrir-, j´en attends un peu d´air frais... Il nous faut secouer la poussière impériale qui s´est accumulée sur le trône de Saint Pierre depuis Constantin” (Fesquet, p.109). Pour beaucoup, bien entendu: il s´agit d´une folie; mais pour beaucoup, aussi: d´une vérité qui purifie le temple et qui, de ce fait, renouvelle l´Église.
9. D´une manière toute spéciale, dans l´appel à la rénovation de Jean XXIII, se réalise la parole du prophète Aggée. Son message de reconstuction du temple se transforme en message de rénovation ecclésiale. C´est ce que nous allons voir. Nous sommes en l´an 520 avant J.C., en pleine période postérieure à l´exil, et le prophète Aggée apparaît à un moment décisif: la naissance de la nouvelle communauté de Palestine. Les premiers Juifs de retour de Babylone se sont découragés immédiatement: le prophète apparaît alors avec la mission de renouveler l´espoir et de remonter le moral abattu.
10. Nous en analyserons les points communs: l´invitation à monter à la montagne et à reconstruire la Maison (Ag 1,8), c´est celle qui, pour Jean XXIII, signifie convoquer la célébration du Concile et renouveler l´Église; la référence à la splendeur des origines (2,3) est celle qui, pour le Pape, suppose le retour aux sources de l´expérience communautaire des Actes des Apôtres et aux “traits les plus simples et les plus purs” de l´Église naissante; les paroles d´encouragement, qui s´appuient sur la présence efficace de Dieu (1,13 et 2,4) ainsi que sur la présence du Christ; les difficultés créées par une fausse prudence derrière laquelle se cachent de puissantes résistances: “ Il n´est pas encore venu, le moment” (1,2); le réveil de bien des esprits endormis (1,8), que Jean XXIII décrit comme “un courant qui émeut les âmes de vibrations insolites”.
11. La parole proclamée par Aggée se réalise aussi pendant la période post-conciliaire. Cyrus a concédé la liberté aux déportés en l´an 538 av. J.C. et les Juifs qui entreprennent le retour sont, sans aucun doute, les plus enthousiastes: ils aspirent à reconstruire la ville et le temple, la Jérusalem dont rêvèrent les prophètes. Mais la réalité devient bien vite décevante: les difficultés sont grandes et multiples. Certains ont une vie aisée, et même très aisée: leurs maisons “lambrissées” contrastent avec les ruines du temple et avec la situation précaire du peuple qui doit renaître, la nouvelle communauté. Vingt ans ont passé (pour nous, cinquante), et les travaux de reconstruction ont à peine commencé.

                                À la lumière de l´Évangile
12. Le 23 avril dernier, le Cardenal Rouco, de Madrid, demandait d´accueillir le Concile “de la manière qui convient” et critiquait avec fermeté la vision plus progressiste qu´on pouvait en avoir. “Le Concile, disait-il, est le grand instrument de rénovation de l´Église universelle qui  plonge ses racines dans l´intensité de la vie chrétienne des décennies antérieures”. En réalité, ces propos sont ambigus; aussi ambigus que ceux qui consisteraient à dire que la démocratie espagnole plonge ses racines dans les décennies antérieures. De plus, nombre de ceux qui préparèrent le Concile ont eu la vie dure, lors du pré-concile.
13. Tels sont, par exemple, Teilhard de Chardin (1881-1955) et sa vision dynamique du monde, ainsi que les promoteurs de la nouvelle théologie qui, au cours des années 1930-1950, se développe en deux écoles: le Saulchoir (les Dominicains de Paris) et la Fourvière (les Jésuites de Lyon). De là provenaient les grands théologiens qui ont eu une si grande influence sur le Concile Vatican II. En août 1950, l´encyclique “Humani generis” de Pie XII avait paralysé le mouvement de la rénovation théologique et ses principaux promoteurs –Chenu, Congar, de Lubac- étaient tombés sous la censure canonique; jusqu´à nouvel ordre, il était maintenu que l´enseignement de la théologie devait continuer à être la scolastique (J. Espeja, A los 50 años del Concilio, San Pablo, Madrid 2012, pp.30-36).
14. De l´avis du cardinal, il existe “des aspects problématiques” dans certaines manières doctrinales d´accueillir l´enseignement conciliaire qui, “en s´appuyant sur un Concile qui n´a jamais existé ni dans la lettre ni dans l´esprit, ont semé l´agitation et le désarroi dans le coeur de bien des fidèles”. Et de citer le Pape pour être plus explicite:” Se sont produites deux herméneutiques contraires: l´une d´elles a provoqué la confusion, et l´autre a porté -et continue de porter- de bons fruits”. La première est l´”herméneutique de la discontinuité” qui a fréquemment joui de la sympathie des médias et d´un secteur de la théologie moderne; l´autre est l´”herméneutique de la continuité”.
15. Deux herméneutiques, deux interprétations: “L´herméneutique de la discontinuité présente la danger de finir par établir une rupture entre l´Église préconciliaire et l´Église post-conciliaire”; “elle se fonde sur  mauvaise interprétation radicale de la nature même d´un concile puisque, de cette manière-là, il n´est considéré que comme une sorte d´assemblée constituante qui élimine une constitution ancienne et en crée une autre nouvelle”.
16. L´essentiel, poursuit le cardinal, est de lire “de la manière qui convient” les textes conciliaires, et que ceux-ci soient assumés “à l´intérieur de la Tradition de l´Église”. Le Catéchisme de l´Église Catholique “permet de lire le Concile selon l´herméneutique de la continuité”; “la vaine prétention de construire une nouvelle Église, différente de la préconciliaire, est révélatrice d´une grave crise de foi dans l´Église”.
17. Apparemment, c´est la tradition que le cardinal présente comme norme de référence, et non pas l´Écriture. Et cependant, en cas de désaccord entre tradition et Écriture, c´est la tradition qui doit céder. Jésus le dit lui-même: “Vous annulez la parole de Dieu par votre tradition” (Mc 7,13). En conséquence: la tradition doit être révisée à la lumière de l´écriture: “L´Écriture ne peut être récusée” (Jn 10,35), dit aussi Jésus.
18. C´est certain, il convient de réviser aussi à la lumière de l´Évangile les excès post-conciliaires, où qu´ils se soient produits. Tout n´est pas valable. Le christianisme n´est pas un libéralisme. Et, comme le dit Saint Paul: ”Vous avez été appelés à la liberté; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour le libertinage” (Ga 5,13).
19. La méthode de l´accord propre au Concile fait que le texte approuvé soit “un tissage (une formule de compromis) de deux fils différents (deux tendances)”; ce qui favorisa, par la suite, “l´apparition de deux herméneutiques opposées” (M. Vidal, Vida Nueva, nº 2816). Néanmoins, l´herméneutique de la continuité ne peut annuler la nécessaire rénovation d´une Église qui a pour Constitution l´Évangile et qui fait retour aux sources de l´Église naissante.


                         L´écroulement de la vieille chrétienté
20. Jésus se trouve confronté à un problème semblable; au coeur du judaïsme conventionnel, il assume l´appel de Jean: “Engeance de vipères, (...) produisez donc des fruits dignes du repentir, et n´allez pas dire en vous-mêmes: “Nous avons pour père Abraham” (Lc 3,8). La foi ne se reçoit pas en héritage; elle exige une réponse personnelle. Il en est de même au coeur du christianisme conventionnel dans lequel fait irruption l´appel de l´Évangile. Il n´est pas valable de dire: ”Nous sommes chrétiens depuis toujours”. Il faut autre chose; la rénovation ecclésiale est profondément nécessaire. Le “vin nouveau” de l´Évangile, il faut le mettre dans “des outres nouvelles” (Mc 2,22); la vieille chrétienté est devenue une outre qui a vieilli.
21. De plus en plus, depuis cinquante ans, se produit un phénomène qui est inexorable et peut paraître déconcertant: l´écroulement de la vieille chrétienté. Des indicateurs, il n´en manque pas. En Espagne, par exemple, le nombre des prêtres a diminué de 40% au cours de la dernière décennie; les prêtres qui viennent d´autres pays sont plus de 500, mais le pourcentage reste très faible si l´on considère le nombre total des 18 633 prêtres originaires de notre pays. Lors de la Conférence de Aparecida (en 2007) a été avancé un chiffre: “Dans les dix dernières années, ont abandonné l´Église à peu près 30 millions de Catholiques latino-américains” (Vida Nueva, nºs 2798 et 2800).
22. Et quelle est la cause de cet écroulement? Le diagnostic, c´est le Concile lui-même qui le fait: “Le genre humain se situe aujourd´hui dans une phase nouvelle de son histoire, qui se caractérise par des changements profonds et accélérés; et ces changements sont en train de s´étendre progressivement à l´univers tout entier” (GS 4). Il convient, donc, de “scruter à fond les signes de notre époque et de les interpréter à la lumière de l´Évangile”. Ne sont en cause ni le Concile, ni une mauvaise interprétation de celui-ci.
23. La vieille chrétienté, avec ses ruines séculaires, est en train de s´écrouler. Elle ne peut résister à la secousse du tremblement de terre que sont les changements profonds et accélérés que subit le monde contemporain. Jean Paul I le formula ainsi à son conseiller théologique, Don Germano: “Tu en es témoin. Ce n´est pas le Concile qui a rompu les barrières de contention, comme le disaient –et continuent de le dire- des esprits malheureux; ce n´est pas lui qui a été la cause de l´écroulement d´idées et de valeurs, de règles, de traditions et de coutumes qui avaient été, jusqu´alors, valables et intouchables. Le Concile est arrivé par la volonté de Dieu dans un monde en rapide transformation culturelle, sociale et religieuse” (Bassotto, p.132).
24. C´est dans cette situation de crise qu´arrive le Concile, et il renvoie aux sources de l´expérience communautaire comme modèle de rénovation ecclésiale. Le Concile voit, dans l´expérience communautaire des origines (Ac 2,42-47), le modèle non seulement de la vie religieuse (PC 15,1), de celle des missionnaires (AG 25,1) et des prêtres (PO 17,4 et 21,1), mais aussi celui de tout le peuple de Dieu (LG 13,1;DV 10,1). Ainsi naît, ainsi renaît, ainsi se renouvelle l´Église: en revenant au Cénacle (Ac 1,13-14 et 21), à la Pentecôte, aux sources de l´expérience communautaire des Actes des Apôtres. En “révélant les traits les plus simples et les plus purs de ses origines”.
25. En réalité, qu´y avait-il avant le Concile? L´évêque Luciani l´exprime en ces termes: ”Une espèce de sous-alimentation religieuse dans bien des endroits”; “on nous contentait d´une religiosité populaire nourrie de pratiques et de coutumes religieuses traditionnelles; et celles-ci n´étaient ni vivifiées par le contact avec la liturgie et la parole de Dieu, ni situées dans le cadre d´une instruction religieuse profonde. À la liturgie elle-même, les laïcs assistaient passivement, en tant qu´objets et non en tant que sujets des rites saints, en spectateurs et non en acteurs. Dans la mesure où le célébrant s´est peu à peu éloigné de la communauté -en suivant l´autel, situé de plus en plus loin dans le fond de l´abside- le peuple a cessé de prendre la parole et de pouvoir suivre les lectures faites par un lecteur qui lui tournait le dos; et le coeur de la messe, le canon, devint une lecture à voix basse faite par le célébrant, tandis que chacun, individuellement, disait une prière pour son propre compte, sans regarder les autres. Dans l´Église, on priait un peu comme on va au restaurant; l´un s´y trouve à une table, l´autre à une autre; l´un en est à l´entrée, et l´autre aux fruits. C´est une chose bien différente que de prendre un repas en famille, tous ensemble, le père avec ses enfants, les enfants sous le regard de leur mère. La liturgie rénovée conduit au sens de la famille, à la prière communautaire” (Opera Omnia 4, pp. 138-139). Il faut revenir aux sources; les flaques d´eau pré-conciliaires ne sont plus utilisables. Une pancarte devrait en avertir: “Eau non potable”.
26. Il convient de demeurer attentifs aux signes des temps, de discerner dans les évènements, les exigences et les espoirs auxquels nous participons au même titre que nos contemporains “les vrais signes de la présence ou des projets de Dieu” (GS 11). Nous le remarquons chaque jour davantage: ce qui est en train de se produire (dans toutes les Églises) fait partie du projet de Dieu. Le jujement de la vieille chrétienté est en cours. Et il demeurera un reste: “Je ne laisserai subsister en ton sein qu´un peuple  humble et modeste, et c´est dans le nom du Seigneur que le reste d´Israël cherchera refuge” (So 3,12). Chaque confession chrétienne se doit de réviser sa tradition à la lumière de l´Évangile; la mobilité du monde contemporain nous pousse  vers la rencontre.
27. Au milieu du déluge qui s´annonce, sont nécessaires des barques: c´est à dire des communautés vivantes. C´est un fait évident, mais il convient de le répéter au moment opportun –ou non-, “à temps et à contre-temps” (2 Tm 4,2): quand viendra le déluge, les barques flotteront. Bien souvent, nous le chantons: “Oh non, ce n´est pas elle, l´Église découragée,/ qui voit l´écroulement de la vieille chrétienté,// c´est celle qui se convertit/ et fait retour aux sources/ de l´Église naissante/, étant communauté”.
 
                                       La communauté
28. Par conséquent, pas de continuité mais: rupture, dénonciation du temple, appel à la conversion: “ Déjà même la cognée se trouve à la racine des arbres” (Lc 3,9). Ce qu´il faut, c´est un temple nouveau (Jn 2,14-19): “La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs assis”. La Pâque n´est plus ce qu´elle était; maintenant, nous en sommes à  la Pâque des Juifs: Jésus monte à Jérusalem et ce qu´il trouve, c´et le temple ancien. Il s´indigne, prend un fouet et fustige la tradition établie: “Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce. Et ses disciples se rappellent qu´il est écrit: Le zèle pour ta maison me dévore”. Il s´agit là d´un signe prophétique.
29. Les Juifs lui répliquent: Quel signe nous donnes-tu pour agir ainsi? Et Jésus de répondre: “Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai”. La réponse des Juifs est alors: Il a fallu quarante-six ans pour construire ce temple, et toi, tu vas le reconstruire en trois jours? Mais Lui parle du  sanctuaire de son corps. Et quand Jésus ressuscite, ses disciples se souviennent de ses paroles. Dans la Nouvelle création qu´inaugure l´Évangile, “ de temple, je n´en ai vu aucun, parce que le Seigneur est son temple” (Ap 21,22) et la terre est “l´escabeau de ses pieds” (Mt 5,35).  
30. Les Juifs demandent à Jésus un signe qui justifie son action. Ils ne perçoivent pas le signe qu´il est en train de leur donner: “Le zèle de ta maison me dévore”. De même qu´ils ne perçoivent pas non plus celui qui vient plus tard, le signe de son corps ressuscité: “En trois jours je le relèverai”. Le vieux temple ne sert plus à rien; non seulement, on doit le dénoncer, mais on doit le purifier, le remplacer par un temple nouveau. Avec l´expérience de la résurrection, avec sa présence nouvelle, Jésus inaugure un nouvel ordre religieux, un nouveau temple: la communauté: “Vous êtes, vous, le corps du Christ” (1 Co 12,27), “pierres vivantes” du nouveau temple (1 P 2,5).

*Dialogue: Cette Nouvelle création qu´inaugure l´Évangile suppose-t-elle un temple nouveau? Quelle relation existe-t-il entre rénovation et Évangile? Que voyons-nous dans les signes des temps? Que dit l´Esprit aux Églises?