- LETTRES AUX ÉGLISES. La situation présente

Création : mercredi 7 mai 2014 Mis à jour : jeudi 12 juin 2014

LETTRES AUX ÉGLISES
La situation présente


Les lettres aux Églises reflètent la situation des communautés, « la situation présente », ce qui est en train de se produire (Ap 1,19). Chaque lettre s´adresse à l´« ange » (évêque, responsable) de l´église ou communauté. Deux communautés vont bien, deux vont mal, trois rencontrent des problèmes. Il convient de faire une révision : « Celui qui a des oreilles, qu´il entende ce que dit l´Esprit aux Églises ».  
1. Première lettre : «À l´ange de l´Église d´Éphèse, écris : Ainsi parle celui qui tient les sept étoiles en sa droite (1,20 ;12,4 ;Dn 12,3) et qui marche au milieu des sept candélabres d´or (Ex 25,31-40 ; Za 4,2). Je connais ta conduite, tes labeurs et ta résistance; je le sais, tu ne peux souffrir les méchants : tu as mis à l´épreuve ceux qui usurpent le titre d´apôtres, et tu les as trouvés menteurs. Tu as de la constance : n´as-tu pas souffert pour mon nom sans te lasser ? Mais j´ai contre toi que tu as perdu ton amour d´antan. Allons, rappelle-toi d´où tu es tombé, repens-toi, reprends ta conduite première. Sinon, je vais venir à toi pour changer ton candélabre de son rang (...). Il y a cependant pour toi que tu détestes la conduite des Nicolaïtes (...). Au vainqueur, je ferai manger de l´arbre de vie » (Ap 2,1-7 ;Gn 3,24). Éphèse est la capitale de la province romaine d´Asie et on y rend culte à l´empereur et à d´autres divinités païennes, entre autres à «  la grande Artémis et à sa statue tombée du ciel » (Ac 19,35). Le Seigneur reconnaît à l´église sa résistance au coeur de la culture dominante, mais il lui reproche d´avoir perdu « son amour du début », « sa conduite première » : cette conduite, c´est l´amour. Les Nicolaïtes, qui se font forts d´en appeler au diacre Nicolas, « se prostituent sans la moindre réserve » (Eusebio, HE III,29, 1-2). Tout n´est pas recevable (1 Co 6,12).  
2. Deuxième lettre : « À l´ange de l´église de Smyrne, écris :  Ainsi parle le Premier et le Dernier, celui qui fut mort et qui a repris vie. Je connais tes épreuves et ta pauvreté –tu es riche, pourtant- et les diffamations de ceux qui usurpent le titre de Juifs –une synagogue de Satan, plutôt !- Ne crains pas les souffrances qui t´attendent : voici, le Diable va jeter des vôtres en prison pour vous éprouver, et vous aurez dix jours d´épreuve. Reste fidèle jusqu´à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (ap 2,8-11 ;1 Co 9,24-25). La ville se dresse depuis le rivage de la mer jusqu´au sommet de la montagne, couronné de temples et de maisons. Les Romains l´appellent
« Smyrne la fidèle » (Cicéron, Phil.11,5). L´église est pauvre et persécutée par ceux qui se disent Juifs sans l´être : une « synagogue de Satan », l´adversaire. Le Seigneur ressuscité les exhorte à se maintenir fidèles.
3. Troisième lettre : « À l´ange de l´église de Pergame, écris : Ainsi parle celui qui possède l´épée acérée à double tranchant (He 4,12). Je sais où tu demeures, là est le trône de Satan. Mais tu tiens ferme à mon nom et tu n´as pas renié ma foi, même aux jours d´Antipas, mon témoin fidèle, qui fut mis à mort chez vous (...). Mais j´ai contre toi quelque grief : tu en as là qui tiennent la doctrine de Balaam ; celui-ci incitait Balaq à tendre un piège aux fils d´Israël pour qu´ils mangent des viandes immolées aux idoles et se prostituent (Nb 31,16 ; 25,1-3). Ainsi, chez toi aussi, il en est qui tiennent la doctrine des Nicolaïtes. Allons ! repens-toi, sinon je vais venir bientôt à toi pour combattre ces gens avec l´épée de ma bouche (...). Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai aussi un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » (Ap 2,12-17). À Pergame, les Romains construisirent plusieurs temples parmi lesquels figure celui d´Auguste. Le Seigneur, qui juje l´histoire humaine, reconnaît à l´église la difficulté de vivre là où se trouve « le trône de Satan », le temple de l´empereur. Antipas, évêque Pergame, mourut martyr en 92 ; certains retombent dans la vieille tentation : la prostitution sacrée.
4. Quatrième lettre : « À l´ange de l´église de Thyatire, écris : Ainsi parle le Fils de Dieu, dont les yeux sont comme une flamme ardente et les pieds pareils à de l´airain précieux (Dn 12,6). Je connais ta conduite : ton amour, ta foi, ton dévouement, ta constance ; tes oeuvres vont sans cesse en se mutipliant. Mais j´ai contre toi que tu tolères Jézabel, cette femme qui se dit prophétesse ; elle égare mes serviteurs, les incitant à se prostituer en mangeant des viandes immolées aux idoles. Je lui ai laissé le temps de se repentir, mais elle refuse de se repentir de ses prostitutions. Voici, je vais la jeter sur un lit de douleurs, et ses compagnons de prostitution dans une épreuve terrible, s´ils ne se repentent de leur conduite. Et ses enfants, je vais les frapper de mort : ainsi, toutes les églises sauront que c´est moi qui sonde les reins et les coeurs (...). Le vainqueur, celui qui restera fidèle à mon service jusqu´à la fin, je lui donnerai pouvoir sur les nations (...). Ainsi moi-même j´ai reçu ce pouvoir de mon Père » (Ap 2,18-29 ;Ps 2). La ville n´a pas de temple impérial et c´est de Thyatire qu´est Lydie, négociante en pourpe de la communauté de Philippes (Ac 16,14). Le Fils de Dieu, qui sonde les coeurs, reconnaît à l´église ses oeuvres, son amour, sa foi, son service, sa résistance ; mais il lui reproche de tolérer cette femme qu´est Jézabel, ses oeuvres (1 R 16,30-31 ;1 Co 10,7-8), et le fait qu´elle enseigne la prostitution sacrée : « les profondeurs de Satan » (Ap 2,24 ;Gn 3,5). Le châtiment annoncé, dans toute sa dureté, doit être écouté à la lumière de l´Évangile. À la fin du IIº siècle, il n´y a plus de communauté à Thyatire (Épiphane, mort en 403, Adv. Haereses 51,33). Il faut discerner : tout n´est pas recevable.  
5. Cinquième lettre : « À l´ange de l´église de Sardes, écris : Ainsi parle celui qui possède les sept esprits de Dieu et les sept étoiles. Je connais ta conduite ; tu passes pour vivant, mais tu es mort. Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante ! Non, je n´ai pas trouvé ta vie bien pleine aux yeux de mon Dieu. Allons ! Rappelle-toi comment tu accueillis la parole ; garde-la et repens-toi. Car si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur sans que tu saches à quelle heure je te surprendrai. À Sardes, néanmoins, quelques uns des tiens n´ont pas souillé leurs vêtements ; ils m´accompagneront, en blanc, car ils en sont dignes. Le vainqueur sera donc revêtu de blanc ; et son nom, je ne l´effacerai pas du livre de vie, mais j´en répondrai devant mon Père et devant ses anges » (Ap 3,1-6 ;Lc 9,26). Cette église est morte ; le Seigneur, qui a la plénitude de l´Esprit (Is 11,2-4), l´invite à conserver la Parole, à se convertir, à rester en état de veille. Quelques uns n´ont pas souillé leurs vêtements.  
6. Sixième lettre : « À l´ange de l´église de Philadelphie, écris : Ainsi  parle le Saint, le Vrai, celui qui détient la clef de David (...). Je connais ta conduite :  voici, j´ai ouvert devant toi une porte que personne ne peut fermer parce que, en disposant pourtant de peu de puissance, tu as gardé ma parole sans renier mon nom. Voici, je forcerai ceux de la synagogue de Satan –ils usurpent la qualité de Juifs, les menteurs- , oui, je les forcerai à venir se prosterner devant tes pieds, à reconnaître que je t´ai aimé. Puisque tu as gardé ma consigne de constance, à mon tour, je te garderai de l´heure de l´épreuve qui va fondre sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre. Mon retour est proche ; maintiens fermement ce que tu as, pour que nul ne te ravisse la couronne. Le vainqueur, je le ferai colonne dans le temple de mon Dieu ; (...) je graverai sur lui le nom de mon Dieu (Nb 6,27) et le nom de la Cité de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem (...) et le nom nouveau que je porte » (Ap 3,7-13). Le Seigneur, qui détient la clef de David (Is 22,22) a ouvert pour l´Église une porte que personne ne peut fermer. Devant elle se prosterneront certains qui se disent Juifs  mais qui ne le sont pas, qui font un pacte avec l´empire ; l´église doit résister. C´est à Antioche que les disciples ont commencé à s´appeler  Chrétiens (Ac 11,26). Rappelons-le : la loi de Néron (institutum neronianum) interdisait de porter « le nom chrétien » : « Il n´est pas licite, pour vous, d´exister » (Tertullien, 160-220 ; Apologeticus II,3 ; Ad nationes I,7).
7. Septième lettre : « À l´ange de Laodicée, écris : Ainsi parle l´Amen, le Témoin fidèle et vrai, le Principe de la création de Dieu. Je connais ta conduite : tu n´es ni froid ni chaud (...) ; je vais te vomir de ma bouche. Tu dis : me voilà riche, je me suis enrichi (Za 11,5), (...). Aussi, suis donc mon conseil : achète chez moi de l´or purifié au feu pour t´enrichir, des habits blancs pour te revêtir, (...) ; un collyre enfin pour t´en oindre les yeux et recouvrer la vue. (...) Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu´un entend ma voix et et ouvre la porte, j´entrerai pour souper, moi près de lui et lui près de moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même j´ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône » (Ap 3,14-22).
8.
Les premiers Chrétiens avaient sous les yeux le témoignage de Jésus, et celui-ci continue d´être actuel. C´est la rénovation de l´Église qui est en jeu : « Non, pas ceux qui sont vendus/ à l´ordre de Pilate/ ceux qui, béatement, vont au temple/ de Caïphe !/ C´est ceux qui, persécutés/ partagent dans les chaumières/ avec (le) Seigneur qui passe/ la table, le vin, le pain ». « Non, pas l´Église inerte/ qui voit, découragée,/ l´écroulement total/ de la vieille chrétienté./ C´est celle qui se convertit/ et revient à la source/ de l´Église naissante/ étant communauté!».
   
•    Dialogue : Comment vont les Églises ?
                       Comment vont les communautés ?
                       Qu´est-il en train de se poduire ?