- DÉFI FRONTAL. Persécution bestiale

Création : mercredi 7 mai 2014 Mis à jour : jeudi 12 juin 2014

 DÉFI FRONTAL
Persécution bestiale


1. Jean voit dans le ciel ce qui est en train de se passer sur la terre : un défi frontal, une persécution bestiale. « Un signe apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l´enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête : elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l´enfantement » (Ap 12,1-2).  La femme est « belle comme la lune, resplendissante comme le soleil »(Ct 6,10) ; le soleil, la lune et douze étoiles l´entourent (Gn 37,9) ; elle est ennemie du mal : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t´écrasera la tête et tu l´atteindras au talon » (Gn 3,15). La femme est en train d´accoucher ( Jn 16,21), elle est « dans les douleurs de l´enfantement » (Mt 24,8 ; Mi 4,10) ; elle est la « Jérusalem d´en haut », « notre mère » (Ga 4,26).
2. « Puis un second signe apparut au ciel : un énorme dragon rouge-feu ». Ennemi de Dieu et de son peuple (Is 27,1), il a « sept têtes » (les sept collines de Rome et leurs sept gouverneurs) et « dix cornes » (dix rois). Avec sa queue, il « balaie le tiers des étoiles du ciel » et il les précipite sur la terre (Dn 8,10) ; un tiers des évêques ou des responsables abandonne la foi. « En arrêt devant la femme au travail, le dragon s´apprête à dévorer son enfant aussitôt né. Or la femme mit au monde un enfant mâle (Is 66,7), celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer (Ps 2,9), et son enfant fut enlevé jusqu´auprès de Dieu et de son trône ». Le dragon croyait l´avoir anéanti, mais l´enfant est avec Dieu et il siège sur son trône. Quant à la femme, « elle s´enfuit au désert » (Ap 12, 3-6) aussi longtemps que dure la persécution (années 64-67). L´historien romain Tacite mentionne que « dans le but d´extirper les rumeurs (selon lesquelles l´incendie de Rome avait été provoqué), Néron inventa des coupables et exécuta avec des tortures extrêment raffinées ceux que... l´on appelle communément Chrétiens », « une grande foule d´entre eux » ajoute-t-il (Annales, XLIV).  
3. La figure de Michel encarne, dans l´histoire, le défi frontal lancé aux forces du mal : « Qui égale Dieu ? » . Alors il y eut une bataille dans le ciel : « Michel et ses anges combattirent le dragon (Dn 10,13 ; 12,1). Et le dragon riposta, avec ses anges, mais ils eurent le dessous (...). On le jeta donc, l´énorme dragon, l´antique serpent, le diable ou le satan, comme on l´appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses anges furent jetés avec lui » (Ap 12,7-9 ; Jn 12,31 ; Gn 3,1-4). Jean entend alors une forte voix clamer : « Désormais la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu , et la domination à son Christ, puisqu´on a jeté bas l´accusateur de nos frères(...). Mais eux l´ont vaincu par le sang de l´Agneau et par la parole dont ils ont témoigné (...). Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants.  Malheur à vous, la terre et la mer, car le diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés » (Ap 12,10-12 ; Za 3,1) : ce temps,c´est le temps que dure la persécution, le temps de l´adversaire, de l´antechrist. Au cours d´un coup d´état, Néron se suicide, le 9 juin 68.
4. En situation d´Exode, « la femme reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert (Ex 19,4), jusqu´au refuge où, loin du serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d´un temps » (Dn 7,25), c´est à dire trois ans et demi. Se lançant à la poursuite de la femme, le dragon vomit alors « comme un fleuve d´eau » pour l´entraîner dans son courant. « Mais la terre vint au secours de la femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve » (Nb 16,30-34). Alors, « furieux contre la femme, il s´en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus » (Ap 12,13-17).  
5. Néron fit une visite en Grèce en 67, peut-être aussi en Asie Mineure. Jean se tient debout sur le sable de la côte et voit surgir la bête qui persécute les saints. C´est la bête politique : « Alors, je vis surgir de la mer une bête ayant sept têtes et dix cornes. (...). Et le dragon lui transmit sa puissance et son trône » (Ap 13,1-2). La bête, « crocodile dans les mers » (Ez 32,2), sort indemne d´une conspiration en 65 (« mais sa plaie mortelle fut guérie ») ; elle réunit la férocité des bêtes antérieures (Dn 7,2-7). La terre entière se prosterne devant elle en disant : « Qui égale la bête ? » (Ap 13,3-4). La persécution est bestiale : « Les chaînes pour qui doit être enchaîné ; la mort par le glaive pour qui doit périr par le glaive. Voilà qui fonde l´endurance et la confiance des saints » (Ap 13,10 ;Jr 15,2) ; voir L´adoration du dragon et de la bête (Beato de Gerona, Xº siècle).
6. Jean voit aussi une autre bête, la bête religieuse : « Je vis ensuite surgir de la terre une autre bête ; elle avait deux cornes comme un agneau (Mt 7,15), mais parlait comme un dragon (Gn 3,1-5). Au service de la première bête, elle en établit partout le pouvoir, amenant la terre et ses habitants à adorer cette première bête (...). Par ses manoeuvres, tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front, et nul ne pourra rien acheter ni vendre s´il n´est marqué au nom de la bête ou au chiffre de son nom. C´est ici qu´il faut de la finesse ! Que l´homme intelligent calcule le chiffre de la bête, car c´est un chiffre d´homme : son chiffre, c´est 666. (Ap 13,11-18). En hébreu, les lettres nrwn qsr (Néron César) donnent ce nombre : n50+r200+w6+n50+q100+s60+r200=666.
Selon Saint Clément Romain, c´est « par envie et sous l´émulation » que furent martyrisés Pierre et Paul, auxquels s´ajouta « une grande multitude » (Lettre aux Corinthiens, V-VI). En avril 1984, s´établit entre les USA et le Vatican (entre Reagan y Wojtyla) « l´une des plus importantes alliances secrètes de tous les temps », écrit Richard Allen, qui fut conseiller chargé de la sécurité sous le mandat du président Reagan (El día de la cuenta, p.376). Marcher de pair avec les dictateurs convaincus : est-ce bien là ce que doit faire un Pape ?
7. Face à ceux qui suivent la bête, il y a ceux qui suivent l´Agneau : « Puis voici que l´Agneau apparut à mes yeux ; il se tenait debout sur le mont Sion, avec cent quarante-quatre milliers de gens portant inscrits sur le front  
leur nom et le nom de son Père » (Ap 14,1). Est-ce peu, ou est-ce beaucoup ? Quand Élie se plaint devant Dieu de ce que « ils ont tué tes prophètes » et qu´il est resté « lui, tout seul », le Seigneur lui répond : « Mais j´épargnerai en Israël sept milliers d´hommes, ceux qui n´ont pas plié le genou devant Baal » (1 R 19,18). Jean, lui-aussi, reçoit une parole comme quoi il y aura un reste : le reste qui survivra (2 R 19,30-31). Sur le mont Sion, Dieu règne par l´intermédiaire du Christ (Ps 2).  
8. Jean entend un bruit qui vient du ciel ; on chante un chant nouveau, le cantique de l´Agneau : « Nul ne pouvait chanter le cantique hormis les cent quarante-quatre mille rescapés de la terre » Les rescapés sont « vierges », ils n´ont pas forniqué avec la prostituée (Ap 18,3), « ils suivent l´Agneau », ils sont comme des « prémices pour Dieu » et pour le Christ . « Jamais leur bouche ne connut le mensonge : ils sont sans tache » (14,2-5). Puis Jean voit un autre ange qui vole dans le ciel et qui qui a une bonne nouvelle à annoncer à tous ceux qui sont sur la terre ; il crie d´une voix puissante : « Craignez Dieu et glorifiez-le, car voici l´heure de son jujement". Et un autre ange, un deuxième, le suit en criant : « Elle est tombée, ell est tombée, Babylone la grande, elle qui a abreuvé toutes les nations du vin de la colère ». Un autre ange, un troisième, les suit en criant d´une voix puissante : « Quiconque adore la bête et son image, et se fait marquer sur le front ou sur la main, lui aussi boira le vin de la fureur de Dieu ». Puis Jean entend une voix qui dit : «  Écris : heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant –oui, dit l´Esprit- qu´ils se reposent de leurs fatigues, car leurs oeuvres les accompagnent » (14,2-13 ;15,1 ;Is 57,1-2).
9. La moisson est le jujement des élus. Jean voit une nuée blanche et sur la nuée est assis comme un Fils d´homme, ayant sur la tête une couronne d´or et dans la main une faucille aiguisée. Alors un autre ange sort et crie d´une voix puissante à celui qui est assis sur la nuée : « Mets ta faucille et moissonne, car c´est l´heure de moissonner » (Ap 14,14-16). C´est le Fils de l´homme qui juje les nations et qui sépare les uns des autres (Mt 25,31-32). La vendange est le jujement des malfaisants. Un autre ange, qui tient également une faucille aiguisée, reçoit cet ordre de l´ange qui a le pouvoir sur « le feu » : « Mets ta faucille aiguisée, vendange les grappes dans la vigne de la terre (...). L´ange mis alors sa faucille sur la terre et il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de la colère de Dieu. Puis on la foula hors de la ville, et il en coula du sang qui monta jusqu´au mors des chevaux sur une étendue de mille six cents stades » (Ap 14,17-20 ; Is 63,1-6).  
Sept fléaux, ceux des sept coupes (Ap 15,1 et 7) destabilisent le pouvoir oppresseur (Sg 16,17 et 24). Première coupe : un ulcère mauvais et pernicieux (Ex 9,8-11). Deuxième coupe : pollution de la mer. Troisième coupe : pollution des eaux (Ex 9,8-11). Quatrième coupe : un soleil brûlant. Cinquième coupe : le royaume de la bête se trouve dans les ténèbres (Ex 10,21-23). Sixième coupe : les eaux du fleuve Euphrate se tarissent, livrant passage aux armées perses. De la bouche du dragon, de la bête et du faux prophète, sortent des « grenouilles » (Ex 8,2-4) ; les rois de la terre sont convoqués à la grande bataille de Harmagedôn, le lieu du désastre (2 R 23,29). C´est une loi de l´histoire humaine : chaque empire a son Harmagedôn. Septième coupe : «Des éclairs, des voix et des tonnerres avec un violent tremblement de terre ». La Grande Cité se scinde en trois parties et les malfaisants blasphèment (Ap 16,1-21 ; Ex 9,22-25). Le « tremblement de terre » (peut-être l´incendie) détruit la ville (Ap 11,13 ; 18,8).  

•    Dialogue : nous assistons aujourd´hui à un défi frontal, une persécution bestiale ? La bête religieuse se met au service de la bête politique ? Le jujement de Dieu : nous le recevons comme une bonne nouvelle ?