61. CIEL NOUVEAU, TERRE NOUVELLE. Je fais l´univers nouveau

Création : dimanche 8 juin 2014 Mis à jour : jeudi 12 juin 2014

61. CIEL NOUVEAU, TERRE NOUVELLE
Je fais l´univers nouveau


1. L´avenir définitif de l´homme, la « vie éternelle » (Jn 6,40), est un mystère. On l´appelle, en général « le ciel », ou encore « la gloire ». En quoi consiste-t-il ? Est-ce seulement le ciel, ou est-ce aussi la terre ? Bien entendu, il s´agit de quelquechose qui dépasse toute philosophie, quelquechose que nous ne pouvons imaginer. Et cependant, au coeur de l´expérience de foi en cours, nous pouvons vivre dès aujourd´hui les signes du royaume de Dieu : celui-ci crée un monde nouveau, transfiguré, différent. Du début provient la fin, comme du grain provient l´épi. Vers l´année 95, alors qu´il se trouve dans l´île de Patmos pour la cause de la parole de Dieu, Jean voit « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (21,1).  Les voyons-nous, nous aussi ? L´expérience de l´Évangile nous le rend possible.  
2. Jésus sème « la parole du Royaume » (Mt 13,19) dans un monde qui ne la reconnaît pas (Jn 1,10) ; mais aux disciples, il est donné de connaître « les mystères du royaume de Dieu » (Lc 8,10). Dieu établit son règne à partir d´un petit groupe, insignifiant aux yeux des hommes, c´est la communauté des disciples qui partage la mission de Jésus : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s´est complu à vous donner le Royaume » (Lc 12,32). La Parole de Dieu transformera ce petit groupe en une multitude immense, réunie parmi tous les peuples de la terre.
3. En voici les signes !,  dit Jésus aux envoyés de Jean : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Lc 7,22). La Parole de Dieu rend possible ce qui paraissait impossible : la joie au coeur de la souffrance, la liberté au plus profond de l´esclavage, la force dans la faiblesse, l´espérance en terre étrangère, la vie au milieu de la mort : « Quand le Seigneur prit entre ses mains notre destin, nous étions comme en rêve » (Ps 126).
4. Ce qui se réalise, c´est ce qu´annoncèrent les prophètes : « Alors se décilleront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds s´ouvriront. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet criera sa joie (...). Ceux qu´a libérés le Seigneur reviendront, ils arriveront à Sion criant de joie, portant sur leur visage une joie  éternelle. La joie et l´allégresse les accompagneront, la douleur et les plaintes cesseront » (Is 35,1-10 ;11,6-9 ;Ez 36,1-15 ;Am  9,13-15). Le retour de l´exil est une nouvelle création : « Car voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle, on ne souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l´esprit. Mais soyez pleins d´allégresse et exultez éternellement de ce que moi, je vais créer : voici, je vais faire de Jérusalem  une exultation (...) et l´on n´y entendra plus retentir les pleurs et les cris » (Is 65,17-19).
5. La mort est le pire des exils. Losque notre monde s´écroule, nous avons besoin, plus que jamais, d´un ciel nouveau et d´une terre nouvelle. Alors se réalisent les paroles de Jésus : « Les morts ressuscitent », « ils sont comme des anges », Dieu est un Dieu de vivants, et non de morts, « pour                                                                                     lui tous vivent » (Lc 20,36-38). Saint Paul le dit ainsi: « Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n´est pas ressuscité ». Mais il n´en est rien : le Christ est ressuscité et les morts ressuscitent ! (1 Co 15, 16-22). Qui le découvre est un homme nouveau : « Si donc quelqu´un est dans le Christ, il est une créature nouvelle : l´être ancien a disparu, un être nouveau est là » (2 Co 5,17). Le Christ est, dans le monde, notre espérance ; « Tout subsiste en lui, acquiert en lui sa consistance » (Col 1,17).
6. Le Christ vit ; c´est en cela qu´il est Seigneur : « Je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, c´est moi qui  détiens les clefs de la mort » (Ap 1,18). Nous contemplons sa gloire : « Alors je vis, debout au milieu du trône (...) un agneau, comme égorgé. Il portait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu en mission par toute la terre. Il s´approcha et prit le livre dans la main droite de celui qui siège sur le trône » (5,6-7 ; voir aussi 4,6-7 ;1 Ch 24,7-19). Jésus, « l´agneau mené à l´abattoir » (Is 53,7), se tient « debout » : cela veut dire qu´il est ressuscité ; et il se tient « au milieu du trône » : il est Seigneur. Il lui a été donné tout pouvoir, il a la plénitude de l´esprit de Dieu, il vient pour rendre le jujement : « Tu es digne de prendre le livre et d´en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toutes races, langue, peuple et nation ; tu as fait d´eux pour notre Dieu une royauté de prêtres régnant sur la terre ». À celui qui siège sur le trône, ainsi qu´à l´Agneau, la louange, l´honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles ! » (Ap 5,9-13). Le royaume de Dieu se rend présent en la personne de Jésus : « Il est arrivé, le règne de notre Seigneur et de son Christ » (Ap 11,15).
7. En tant que Fils de l´homme (Dn 7,13), le Christ vient « sur les nuées » (Ap 1,7), c´est à dire accompagné des attributs divins ; il vient jujer : « De sa bouche sort une épée acérée » (1,16). Le serviteur annonce le jujement sur les nations : « Il a fait de ma bouche une épée tranchante » (Is 49,2 ;42,1) ; « Il te faut de nouveau prophétiser contre une foule de peuples, de nations, de langues et de rois » (Ap 10,10) ; « Ce que tu vois, écris-le dans un livre » (1,11) ; l´heure du jujement est arrivée (Ap 14,7) ; « Viens, que je te montre le jujement de la prostituée fameuse » (17,1) : Rome est la grande prostituée de l´histoire. Le jujement est la réponse aux prières des croyants persécutés parce qu´ils rendent un témoignage :  jusques à quand, Seigneur ? (Ap 6,10 ;Ps 79). Le serviteur juje aussi les évêques des églises : Éphèse (Ap 2,5), Smyrne (2,10), Pergame (2,14), Thyatire (2,20), Sardes (3,1), Philadelphie (3,8), Laodicée(3,16).
8. Le serviteur a pour fonction de réunir le nouveau peuple de Dieu : « C´est trop peu que tu sois pour moi un serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les survivants d´Israël. Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut atteigne aux extrémités de la terre » (Is 49,6). Il vient de tous les peuples de la terre, et il croît immensément, le petit groupe par lequel commence le royaume de Dieu : « Après quoi, voici qu´apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue » (Ap 7,9).  
9. Dieu règne par l´intermédiaire de ceux qui portent témoignage : « Vous, vous êtes mes témoins » (Is 43,12 ;44,8). Il convient d´être attentifs : « Les premières choses, voici qu´elles sont arrivées, et je vous en annonce de nouvelles » (42,9). Jésus promet la récompense à ceux qui obtiendront la victoire. La victoire, c´est le témoignage rendu en son nom : « Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai aussi un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » (Ap 2,17). Le vainqueur, il est nourri d´une « manne cachée » et il reçoit une récompense merveilleuse, « un petit caillou blanc » portant « un nom nouveau » : une identité nouvelle.
10. Jean voit, déjà et maintenant, un monde nouveau : « Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle – car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n´y en a plus » (Ap 21,1). Le monde d´avant, défiguré, disparaît ; la mer (le lieu où habite le mal, celui duquel sort la bête qui débarque), elle n´existe plus : « De mort, il n´y en aura plus ; de pleurs, de cris et de fatigue, il n´y en aura plus ; car l´ancien monde s´en est allé. Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici, je fais l´univers nouveau » (21,4-5). Comme le dit le Concile, « la plénitude des temps est arrivée » ; et, d´une certaine manière, elle se réalise d´avance d´une manière toute spéciale en notre siècle (LG 48). Le monde nouveau se trouve en situation pascale, il naît dans l´angoisse (Jn 16,21), dans les « douleurs de l´enfantement » (Mt 248) : « La création tout entière gémit dans le travail de l´enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes, qui possédons les prémices de l´Esprit, nous gémissons intérieurement » (Rm 8,22-23).
11. Ce monde nouveau, c´est un monde dans lequel Dieu fait sa demeure et dans lequel se réalise la nouvelle alliance avec nous: « Et je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu : elle s´est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J´entendis alors une voix clamer, du trône : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes » (21,2-3 ; Ez 36,26-28). Le royaume de Dieu a sa ville sainte, la nouvelle Jérusalem. La muraille qui la protège possède douze portes et, sur elles, il y a douze noms inscrits : « ceux des douze tribus ». C´est le nouveau peuple de Dieu : sa muraille s´appuie sur douze pierres qui portent le nom « des douze apôtres de l´Agneau » (Ap 21,12-14).
12. C´est un monde nouveau sur lequel Dieu règne, dans lequel se réalise sa volonté, aussi bien sur la terre que dans le ciel : « Afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15,28), « afin qu´il n´y ait plus de différence entre le ciel et la terre » (Saint Jean Chrysostome, Hom. sur Matthieu, 19,5). Comme le dit le Concile, Dieu « nous prépare une nouvelle demeure et une nouvelle terre où habiteront la justice, et dont la béatitude est capable de rassasier les aspirations de paix qui naissent du coeur humain » (Gs 39).
13. La nouvelle création est un jardin, un monde humain : « Au vainqueur, je ferai manger de l´arbre de vie placé dans le Paradis de Dieu » (Ap 2,7). C´est la libération de toute douleur, de toute fatigue, de tout pleur ; c´est la correction de l´erreur originelle de l´homme (Gn 3,16-19). Ainsi l´exprime Saint Cyril de Jérusalem : « Le ciel pourrait bien être aussi ceux qui transmettent l´image du monde céleste dans lequel Dieu habite et se promène » (Catéchèses mystagogiques, 5,11). Sur la croix, quand le bon larron dit à Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume », celui-ci lui répond : « Aujourd´hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43). Le monde nouveau n´est pas un monde de bêtes mais un monde humanisé, divinisé ; un monde distinct, créé selon le projet de Dieu.
14. C´est un monde qui vit de façon définitive la félicité de l´Évangile : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, car ils possèderont la terre. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux. Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu´on vous persécutera, et qu´on dira de vous toutes sortes d´infamies à cause de moi. Soyez dans la joie et l´allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5,1-12).
15. Les morts ressuscitent, mais de quelle manière? Saint Paul répond : « On est semé corps naturel, et on ressuscite corps spirituel » (1 Co 15,44). Entre « corps naturel » et « corps spirituel », il y a une différence, une transformation que nous ne pouvons imaginer : « Ce que l´oeil n´a pas vu, ce que l´oreille n´a pas entendu, ce qui n´est pas monté au coeur de l´homme, tout cela Dieu l´a préparé pour ceux qui l´aiment » ( 1 Co 2,9). Le corps ressuscité se trouve libéré des conditionnements de l´espace et du temps, mais il reste en relation avec le monde et avec l´histoire ; en ce qui concerne son vécu, «leurs oeuvres les accompagnent » (Ap 14,13).
16. L´idée de la similitude qu´offrent les ressuscités avec les anges apparaît dans le courant apocalyptique juif : « Tous deviendront des anges du ciel » (Henoc 51,5) . «Les justes se transformeront en une lueur  angélique ». « Ils habiteront les cimes de ce monde, ils seront semblables aux anges, ils adopteront selon leurs désirs toutes les apparences, passant de la beauté à la clarté, et de la lumière à la splendeur de la gloire » (Apocalypse de Baruch 51,5.10). Des termes similaires apparaissent dans le passage de la transfiguration de Jésus : « Et il fut transfiguré devant eux » (Mt 17,2). Le ressuscité, lui-aussi, change de condition, il se transfigure : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père » ( 13,43).
17. Dieu sera tout en tout, dit Saint Paul : « Le dernier ennemi détruit, c´est la Mort ; car il a tout mis sous ses pieds (...). Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 26-28). L´aspiration profonde de la nouvelle création apparaît dans ce témoignage de l´Église primitive : « Vienne la grâce et passe ce monde, Hosanna au Dieu de David ! Que celui qui est saint s´approche. Et celui qui ne l´est pas, qu´il se convertisse. Maranathá ! Amen » (Doctrine des Douze Apôtres). C´est avec ce même grand désir que se termine l´Apocalypse : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20-21).  
18. L´ancien poème  des quatre nuits évoque ces moments dans lesquels notre destin se trouve entre les mains de Dieu : la création, l´alliance, l´exode, l´avenir. Quand nous prenons conscience de cette réalité, nous pouvons dire : « nous étions comme en rêve », comme le psaume 126 ; nous découvrons que « Dieu est amour » (Ps 103), qu´il est à l´origine même de l´être (Ps 139), qu´il se manifeste dans les évènements de notre vie (Gn 15,5-18), qu´il est avec nous (Ex 3,15), au coeur des moments difficiles aussi, ou quand il fait nuit, qu´il ouvre un chemin là où il n´en existe pas : dans le désert, dans la mer, dans l´exil, dans la mort.
19. Le monde et l´histoire accèdent à leur point culminant avec l´expérience du Christ. Dans la solitude de la prison, Paul contemple le projet de Dieu : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ qui (...) nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde » (Ep 1,3-4). Dans son projet, nous occupons une place antérieure et supérieure à la création du monde : le monde a été créé pour nous.
20. De même que, en d´autres temps, le peuple de Dieu fut libéré, nous vivons maintenant un nouvel exode et ce, par l´intermédiaire du Christ : « Il nous fait connaître le mystère de sa volonté » (1,7-9), récapituler toutes choses en Christ, « ramener toutes choses sous une seule Tête, le Christ » (1,10). Paul proclame, ébloui, le sens, le secret et la gravitation qui sont au plus profond du monde et de son histoire.
21. De même que, en d´autres temps, le peuple de Dieu a reçu en héritage une terre, maintenant nous recevons une terre nouvelle. La nouvelle création est en train de naître, le monde se trouve en instance pascale. L´expérience de foi nous marque, nous imprime un sceau, nous légitime : « Vous avez été marqués du sceau de l´Esprit de la promesse, cet Esprit Saint qui constitue les arrhes de votre héritage » (1,13-14).
22. C´est un cadeau de Dieu. Que Dieu illumine les yeux de notre coeur pour que nous connaissions quelle est l´espérance à laquelle il nous appelle, quelle est la richesse de gloire qu´il réserve en héritage pour ses saints et quelle est l´extraordinaire grandeur de son pouvoir à notre égard, selon l´efficacité de la force prodigieuse qu´il a déployée en Christ : «  Il a tout mis sous ses pieds, et l´a constitué, au sommet de tout, Tête pour l´Église, laquelle est son corps, Plénitude de par lequel s accomplit celui qui accomplit tout en tout » (1,22-23).
23. La tradition, en l´état dans lequel elle nous parvient, le Catéchisme de l´Église Catholique la formule ainsi : « Ceux qui meurent dans la grâce et dans l´amitié de Dieu et qui sont parfaitement purifiés vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont semblables à Dieu, parce qu´ils le voient tel qu´il est (1 Jn 3,2), face à face (1 Co 13,12 ; Ap 22,4) ; « ils voient la divine essence avec une vision intuitive et face à face, sans la médiation d´aucune créature » (Benoît XII, mort en 1342 ; n. 1023). ; c´est la « vision béatifique » (n.1045). « Cette vie parfaite avec la sainte Trinité, cette communion de vie et d´amour avec elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux s´appelle `le ciel´. Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l´homme, l´état suprême et définitif de félicité » (n. 1024). Une fois de plus, il convient de réviser la tradition à la lumière de ce que dit l´Écriture.   


*Dialogue :

L´avenir définitif de l´homme, la vie éternelle : c´est seulement le ciel, ou bien c´est aussi la terre ?
Percevons-nous déjà les signes du ciel nouveau et de la terre nouvelle ?
Est-il nécessaire de réviser la tradition à la lumière de l´Écriture ?