- COMME UNE JEUNE MARIÉE. La Jérusalem nouvelle

Création : jeudi 12 juin 2014 Mis à jour : jeudi 12 juin 2014

 COMME UNE JEUNE MARIÉE
 La Jérusalem nouvelle


1. Jean contemple un monde nouveau : la Jérusalem nouvelle, parée comme une jeune mariée. De quel monde s´agit-il? De quelle Jérusalem ? C´est une femme qui symbolise Jérusalem ? Jean dit : « Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle –car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n´y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s´est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux » (Ap 21,1-2).
2. C´est un monde nouveau, distinct, transfiguré par la relation avec Dieu. Et, dans ce monde, se renouvelle l´alliance : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ». La mer (de laquelle surgit la bête) n´existe plus : « De mort, il n´y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n´y en aura plus. Car l´ancien monde s´en est allé ». Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici, je fais l´univers nouveau » (Ap 21,3-5 ; Ez 36,26-28) ; un monde nouveau qui a pour centre la Jérusalem nouvelle :  « Dieu est en elle » (Ps 46), c´est « la cité du grand roi » (Ps 48). Le rêve des prophètes se réalise : « Je ferai ma demeure au milieu d´eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Ez 37,27) ; « Yahvé prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin (...). Il fera disparaître la mort à jamais, le Seigneur Yahvé essuiera les pleurs sur tous les visages » (Is 25,6-8). Dans la Bible, la première parole de Dieu est : Que cela soit (Gn 1,3), et la dernière y est semblable : « Je fais un univers nouveau ».
3. Et il ajouta : « Ces paroles sont certaines et vraies (...). C´en est fait : je suis l´Alpha et l´Oméga, le Principe et la Fin ». Dieu se trouve au commencement et à la fin ; sa parole se réalise, elle est une invitation : « Celui qui a soif, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement ». Tel sera l´héritage du vainqueur : « Et je serai son Dieu, et lui sera mon fils ». C´est là un don de Dieu, mais il dépend aussi de la réponse de l´homme ; tout n´est pas recevable : « Les lâches, les infidèles, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l´étang brûlant de feu et de soufre » (Ap 21,5-8). Le lac de feu est symbole de jujement.
4. L´un des anges qui tenait l´une des sept coupes montre à Jean la mariée, « l´épouse de l´Agneau » (Ap 21,9). Dieu est l´époux de Jérusalem (Is 54,5), mais dans ce cas-là, l´époux est le Christ (Jn 3,29 ; Mt 22,1). Et l´épouse ? Elle est le contrepoint de la Prostituée fameuse dont les traits sont décrits dans le chapitre 17 (versets 1 à 18). Une femme symbolise Rome et une autre symbolise la Jérusalem nouvelle. Quelle qu´en soit la raison, les traits de l´épouse ne sont pas précisés, il existe un vide ; et néanmoins, il s´agit de la fiancée du Cantique des Cantiques « resplendissante comme le soleil » (Ct 6,10), « le soleil l´enveloppe » (Ap 12,1). C´est, plus que personne, Marie Madeleine : c´est elle qui suit Jésus (Lc 8,2 ; voir Jn 12,3 ; 11,5 ; Lc 7,37), qui se tient au pied de la croix (Jn 19,25), qui, en pleurs, va le  chercher au sépulcre sans le trouver (Ct 3,1-3), elle qui finit par le découvrir ressuscité ; elle est le premier témoin, envoyée pour l´annoncer aux autres (Jn 20,11-18 ; Mt 28,1-10) et elle es, pour cette raison « apôtre des apôtres ». Il s´agit de la communauté, à laquelle l´époux est ravi (Mt 9, 15), qui attend que vienne le festin des noces (Mt 25, 1-13), elle est la fiancée présentée au Christ (2 Co 11,2), qui ne fait « qu´une seule chair » avec lui (Ep 5,31-32). Marie, elle, est la mère de Jésus ; l´appeler « épouse des noces éternelles » (EG, 288) prête à confusion et il convient donc de réviser cette tradition.
5. La mariée est la Jérusalem nouvelle : « Il me transporta donc en esprit sur une montagne de grande hauteur, et me montra la Cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel (...). Elle avait en elle la gloire de Dieu » (Ap 21,10-11). La Jérusalem nouvelle descend du ciel, elle est don de Dieu. Jean a sous les yeux le passage d´Ezéquiel : la main du Seigneur le dépose « sur une très haute montagne », au sommet de laquelle « était construite une ville ». Un homme « dont l´aspect était comme celui de l´airain » (pour Jean, il s´agit du Christ) «avait dans la main un cordeau de lin et une canne à mesurer, et il se tenait debout dans le porche » ; «la ville était entouré de tous côtés par un mur extérieur » (Ez 40,1-5).  « Et la gloire de Yahvé emplissait le temple » (Ez 43,5). La ville « est munie d´un rempart de grande hauteur pourvu de douze portes près desquelles il y a douze anges et  des noms inscrits, ceux des douze tribus des fils d´Israël ». Le rempart repose sur douze assises portant chacune « le nom de l´un des douze apôtres » (Ap 21,12-14) ; Ez 48,31-34). Ses portes sont ouvertes à tous les peuples de la terre ; la Jérusalem nouvelle rassemble la présence d´Israël et celle de l´Église.
6. La Jérusalem nouvelle accueille les nations qui cherchent le vrai Dieu : « Celui qui me parlait tenait une mesure, un roseau d´or, pour mesurer la ville, ses portes et son rempart ; cette ville dessine un carré : sa longueur égale sa largeur. Il la mesura donc à l´aide du roseau, soit douze mille stades (2 400 km); longueur, largeur et hauteur y sont égales. Puis il mesura la rempart, soit soit cent quarante-quatre coudées (65 mètres) –l´Ange mesurait d´après une mesure humaine- ». La ville est faite de « pierres précieuses » (Ap 21,15-21 ; Is 54, 11-12) ; « la place de la ville est de l´or pur, transparent comme du cristal ». Avant, on avait mesuré l´ancien temple (Ap 11,1) ; maintenant, c´est la Jérusalem nouvelle qu´on mesure. En elle, « de temple, je n´en vis point ; c´est que le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout, est son temple, ainsi que l´Agneau ». La ville entière est la demeure de Dieu et du Christ.
7. Ce qui se réalise, c´est ce qu´annonce Jésus lors de la fête des tentes, de la lumière et de l´eau (Jn 8,12 ; 7,37) : « La ville n´a pas besoin de l´éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l´illumine, et l´Agneau lui tient lieu de flambeau. Les nations marcheront à sa lumière, comme le dit Isaïe au chapitre 60, verset 1. (...) Rien de souillé n´y pourra pénétrer, ni ceux qui commettent l´abomination et le mal ; mais seulement ceux qui sont inscrits dans le livre de la Vie de l´Agneau »(Ap 21,23-27). Puis l´Ange me montra le fleuve de Vie (voir Ez 47,1-12), limpide comme du cristal, qui jaillissait du trône de Dieu et de l´Agneau, au milieu de la place. De part et d´autre du fleuve, il y a des arbres de Vie qui fructifient douze fois, une fois chaque mois ; et leurs feuilles peuvent guérir les païens. De malédiction, il n´y en aura plus (voir Za 14,8) ; le trône de Dieu et de l´Agneau sera dressé dans la ville, et les serviteurs de Dieu l´adoreront ; ils verront sa face, et son nom sera écrit sur leurs fronts (...). Ils régneront pour les siècles des siècles » (Ap 22,1-5).
8. Témoignage que l´Ange donne à Jean : « Ces paroles sont certaines et vraies ; le Seigneur Dieu, qui inspire les prophètes, a envoyé son Ange (Jésus) pour montrer à ceux qui le servent ce qui doit arriver bientôt. Voici que mon retour est proche ! Heureux, celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre ». Témoignage de Jean: « C´est moi, Jean, qui ai vu et entendu tout cela ; une fois les paroles et les visions achevées, je tombai aux pieds de l´Ange qui m´avait tout montré, pour l´adorer. Mais lui me dit : « Non, attention, je suis un serviteur comme toi et tes frères les prophètes et ceux qui gardent les paroles de ce livre ; c´est Dieu qu´il faut adorer ». (22,6-9 ; voir aussi Tb 12).
9. Il me dit encore : « Ne tiens pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le Temps est proche » Jean ne doit pas sceller ces paroles : les Églises doivent les connaître ; et le message est actuel, le délai est terminé. « Voici que mon retour est proche, dit Jésus, et j´apporte avec moi le salaire que je vais payer à chacun, en proportion de son travail. Je suis l´Alpha et l´Oméga, le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin » (Ap 22,10-13 ; 1,8).
9. Il dit aussi : «  Heureux ceux qui lavent leur robe : ils pourront disposer de l´arbre de vie et entrer dans la cité, par les portes. Dehors, les chiens, les sorciers, les impurs, les assassins, les idolâtres et tous ceux qui aiment le mensonge ! » (22,14-15). Dans la Bible, on interdit la prostitution sacrée : « Il n´y aura pas de prostituée sacrée parmi les filles d´Israël, ni de prostitué sacré parmi les fils d´Israël. Tu n´apporteras pas à la maison de Yahvé ton Dieu le salaire d´une prostituée ni le paiement d´un chien, quel que soit le serment que tu aies fait : car tous deux sont en abomination à Yahvé ton Dieu » (Dt 23, 18-19). « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles aux porcs », dit Jésus en Mathieu 7,6. D´après Tertullien (dans son traité sur le baptême, 18,1), « chiens » sont ceux qui prétendent être chrétiens mais, qui, en réalité, profanent et souillent le nom du Christ.  
11. En conclusion : «Moi, Jésus, j´ai envoyé mon Ange (Jean) publier chez vous ces révélations concernant les Églises. Je suis le rejeton de David, l´Étoile radieuse du matin. L´Esprit et l´Épouse disent : « Viens ! ». Que celui qui entend dise : « Viens ! ». Et que l´homme assoiffé s´approche, que l´homme de désir  reçoive l´eau de la vie, gratuitement » . Un avertissement : on ne peut ajouter ni retirer quoi que ce soit aux paroles de ce livre prophétique (Ap 22,16-19 ; Is 55,1). Comme adieu, celui qui apporte tout ce témoignage dit : « Oui, mon retour est proche !! » (Ap 22,20). Jésus répète ce que, lors de son dernier repas, il dit à ses disciples : «  Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviendrai vers vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis » (Jn 14,18-19). « Maintenant, vous voilà tristes ; mais je reviendrai vous voir et votre coeur sera dans la joie » (16,22). Quand elle se réunit pour célébrer « le repas du Seigneur » (1 Co 11,20), la communauté attend, telle une jeune mariée, la venue de l´Époux ; et elle redit, dans l´Esprit de Dieu : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20-21 ; 1 Co 16,22).