51. SAGESSE ET BÊTISE. Les deux chemins

Création : lundi 7 avril 2014 Mis à jour : lundi 7 avril 2014

 51. SAGESSE ET BÊTISE
 Les deux chemins


Il s´agit d´une étape de l´histoire biblique. Les sages apparaissent après l´exil, quand disparaissent les prophètes; ils succèdent aux prophètes. La principale préoccupation des sages est de savoir comment se comporter dans la vie pour parvenir au vrai bonheur. Ils invitent à fréquenter la maison de la Sagesse, ils écrivent des livres sapientiaux: Proverbes, Ecclésiaste (Qohélet), Sagesse, Ecclèsiastique (Siracide). Ils vivent une grande expérience biblique: la sagesse de Dieu sert à affronter les problèmes ordinaires de la vie. Dans la réalité, quotidiennement, nous sommes amenés à choisir entre sagesse et folie, nous nous trouvons à la croisée de deux chemins (Ps 1).
Parmi les livres sapientiaux, l´Ecclésiastique -appelé aussi Siracide- constitue probablement un sommet. Très utilisé dès les premiers siècles en catéchèse et en liturgie, il est appelé par Cyprien, pour l´usage qui en est fait dans l´Église, Ecclésiastique. Son message de fond est le suivant: la sagesse de Dieu a quelquechose à voir avec les problèmes quotidiens. Le livre fut composé à Jérusalem vers l´an 180 av. J.C. ; comme la culture grecque est partout, il convient de maintenir l´identité croyante au sein d´une société qui ne l´est pas.     
L´auteur en est Jésus, fils de Sira (Si 50,27). Son petit-fils s´exprime ainsi dans le prologue: “Mon aïeul Jésus, après s´être appliqué avec persévérance à la lecture de la Loi, des Prophètes et des autres livres des ancêtres et y avoir acquis une grande maîtrise, en est venu, lui aussi, à écrire quelquechose sur des sujets d´enseignement et de sagesse afin que les hommes soucieux d´instruction, se soumettant aussi à ces disciplines,  apprennent d´autant mieux à vivre selon la Loi” (7-14). Cinquante ans plus tard, le petit-fils qui vivait à Alexandrie découvrait un héritage qui n´avait pas de prix: les écrits de son grand-père. Les ayant traduits de l´hébreu au grec, il les publia vers l´an 132 ap. J.C. (27-35). Et c´est ainsi qu´ils parvinrent jusqu´à nous.
La sagesse de Dieu est semée dans la création, et aussi dans la vie humaine: elle est la providence qui dirige l´histoire, qui est utile pour la vie: “C´est lui qui l´a créée, vue et dénombrée, qui l´a répandue sur toutes ses oeuvres” (1,9); “parmi les hommes, elle s´est fait un nid” (1,15); “le principe de la sagesse, c´est de craindre le Seigneur” (1,14); “la crainte du Seigneur est gloire et fierté, gaieté et couronne d´allégresse” (1,11); “si tu désires la sagesse, garde les commandements” (1,26); “il leur dit: “Gardez-vous de toute idolâtrie”, il leur donna des commandements chacun à l´égard de son prochain” (17,14; cf. Lc 18,20).
La sagesse, personnifiée, se présente elle-même: “ Je suis issue de la bouche du Très-Haut et comme une vapeur j´ai couvert la terre. J´ai habité dans les cieux et mon trône était une colonne de nuée (...). Dans les flots de la mer, sur toute la terre, sur tous les peuples et toutes les nations, j´ai règné. Parmi eux tous, j´ai cherché le repos, j´ai cherché en quel patrimoine m´installer. Alors, le Créateur de l´univers m´a donné un ordre (...). Il m´a dit: “Dresse ta tente en Jacob” (24,3-8). La sagesse se montre belle dans des réalités très concrètes: “Il est trois choses qui charment mon âme, qui sont agréables à Dieu et aux hommes: l´accord entre frères, l´amitié entre voisins, un mari et une femme qui s´entendent bien” (25,1). L´invitation est pressante: “Rends-toi à la réunion des Anciens” (6,34); “Approchez-vous de moi et asseyez-vous dans la maison de l´instruction” (51,23).
La sagesse est une fiancée que l´on cherche: “Il se penche à ses fenêtres, il écoute à ses portes”(14,23); elle est une mère qui  protège: “Elle vient au-devant de lui comme une mère” (15,2); “Il place ses enfants sous sa protection et sous ses rameaux il trouve un abri “(14,26); elle est une épouse qui accueille: “Comme une épouse vierge elle l´accueille”; elle est une maîtresse de maison qui invite à un banquet: ”Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j´ai préparé” (Pr 9,5); elle procure le repos et la joie: ”Tu trouveras en elle le repos et pour toi elle se changera en joie” (6,28); c´est un héritage précieux qui donne le bonheur: “La sagesse élève ses enfants et prend soin de ceux qui la cherchent (...). Celui qui l´écoute juje les nations, celui qui s´y applique habite en sécurité. S´il a confiance en elle, il l´aura en partage, et sa postérité en conservera la jouissance. Car elle peut le conduire d´abord par un chemin sinueux, faisant venir sur lui crainte et tremblement (...) et l´éprouver par ses exigences. Mais après,  elle reviendra vers lui sur le droit chemin, elle le réjouira et lui révèlera ses secrets” (4,11-18); “Heureux, l´homme qui médite sur la sagesse et qui raisonne avec intelligence” (14,20).  
Il est important d´avoir confiance en Dieu dans l´épreuve: “Mon fils, si tu te proposes de servir le Seigneur, prépare-toi à l´épreuve. Fais-toi un coeur  droit, arme-toi de courage, ne t´affole pas au coeur de l´adversité (...). Car  l´or est purifié dans le feu et les élus dans la fournaise de l´humiliation. Mets en Dieu ta confiance et il te viendra en aide, suis droit ton chemin et espère en lui” (2,1-6; cf.1 P 1,6-7); “Sois attaché à ta besogne, consacre-toi à elle et vieillis dans ton travail” (11,20); “C´est qu´il est aisé au Seigneur, au jour de la mort, de rendre à chacun selon ses actes” (11,26).
Les parents se trouvent à la racine de l´existence: “Celui qui honore son père expie ses fautes, celui qui glorifie sa mère est comme quelqu´un qui amasse un trésor”; “Car la bénédiction d´un père affermit la maison de ses enfants, mais la malédiction d´une mère en détruit les fondations”; “Mon fils, viens en aide à ton père dans sa vieillesse, ne lui fais pas de peine pendant sa vie. Même si son esprit faiblit, sois indulgent” (3,3-13). “De tout ton coeur, honore ton père et n´oublie pas les soins de ta mère; souviens-toi qu´ils t´ont donné le jour” (7,27-28).
L´humilité est fondamentale dans les relations humaines: “Plus tu es grand plus il faut t´abaisser pour trouver grâce devant le Seigneur, car grande est la puissance du Seigneur et il est honoré par les humbles. Ne cherche pas ce qui te dépasse (...). Le mal de l´orgueilleux, ne cherche pas à le guérir; car il n´y a pas de guérison, la mal est enraciné en lui” ( 3,18-28); “Celui qui parle trop se rend détestable, et celui qui s´impose suscite la haine” (20,8).
La sagesse de Dieu se fait justice sociale: “Ne refuse pas au pauvre sa subsistance et ne fais pas languir les regard suppliants (...). Arrache l´opprimé des mains de l´oppresseur et ne sois pas lâche au moment de faire justice. Sois pour les orphelins un père” (4,1-10).  “Le Seigneur ne fait pas acception de personnes et ne fait pas de tort au pauvre; ses appels parviennent jusqu´à lui” (35,16-17). La sagesse de Dieu est pleine de compassion, elle invite à pleurer avec ceux qui pleurent, à rendre visite aux malades: “Ne te détourne pas de ceux qui sont affligés, pleure avec ceux qui pleurent. Ne crains pas de visiter les malades, par de tels actes tu te gagneras l´affection” (7,34-35).
La sagesse de Dieu a un rapport avec l´éducation des enfants: “Tu as des fils? Fais leur éducation et, dès l´enfance, fais leur plier l´échine. Tu as des filles? Veille sur elles” (7,23-24); “Ta fille est indocile? Surveille-la bien” (42,11). Dans l´état de sa rédaction, ce texte suscite quelques réactions: l´éducation est-elle réservée aux fils? Quelles sont les mesures prévues pour les filles? La surveillance est-elle renforcée seulement vis à vis des filles? Les fils et les filles sont-ils au même niveau? Ne le sont-ils pas?
L´Ecclésiastique assume -sans en faire la critique- la soumission de la femme (au père, au mari) qui est celle du monde antique:” Marie ta fille, et tu auras accompli une grande chose; mais donne-la à un homme sensé” (7,25). De plus, il fait preuve de prévention vis à vis de la femme dans un lieu commun qui est partial et tendancieux: “C´est par la femme que le péché a commencé” (25,24). En réalité, c´est là l´accusation de l´homme qui rejette la reponsabilité sur la femme (Gn 3,12). Et cependant, Paul apporte le contrepoint: ”C´est par la faute d´un seul homme que le péché est entré dans le monde” (Rm 5,12; cf. Sg 2,24 et les catéchèses L´origine du mal, Relations de dépendance, La femme dans la société et dans l´Église).
En présence de l´étranger et de celui qui est malfaisant, ce sont la précaution et la prudence qui sont conseillées: “N´introduis pas chez toi n´importe qui, car nombreuses sont les ruses de l´intrigant (...). Comme l´espion, il guette ta ruine (...). Prends garde au méchant car il complote le mal, crains qu´il ne t´inflige une flétrissure éternelle. Introduis l´étranger, il mettra le trouble chez toi et il t´aliénera ta maisonnée” (11,29-34).
L´amitié est un trésor qui n´a pas de prix; en revanche, ne fais pas confiance à un ennemi: “Un ami fidèle est un puissant soutien; qui l´a trouvé a trouvé un trésor. Un ami fidèle n´a pas de prix, (...) le trouveront ceux qui craignent le Seigneur. Qui craint le Seigneur gère bien ses amitiés, car tel on est, tel est l´ami qu´on a”(6,14-17). À un ennemi, on ne peut faire confiance: “C´est dans l´adversité que l´ennemi se révèle (...). Même s´il se fait humble (...), veille sur toi-même et méfie-toi de lui. Agis envers lui comme en polissant un miroir, sache que sa rouille ne tiendra pas jusqu´à la fin. Ne le mets pas près de toi, il pourrait te renverser et te prendre ta place. Ne le fais pas asseoir à ta droite, il chercherait à te ravir ton siège (...). Et qui aurait pitié du charmeur que mord le serpent?” (12,8-13).
Nous sommes libres, et nous sommes aussi responsables: “Ne dis pas: ”C´est le Seigneur qui m´a fait pécher”, car il ne fait pas ce qu´il a en horreur. Ne dis pas: “C´est lui qui m´a égaré”, car il n´a que faire d´un pécheur. Le Seigneur hait toute espèce d´abomination et aucune n´est aimée de ceux qui le craignent. C´est lui qui, au commencement, a fait l´homme et il l´a laissé à son libre arbitre. Si tu le veux, tu garderas ses commandements” (15,11-15).
Des conseils variés. Sur le prêt et sur la caution: “Sache prêter à ton prochain quand il est dans le besoin; et à ton tour, rends au temps convenu (...). Beaucoup traitent un prêt comme une aubaine et mettent dans la gêne ceux qui les ont aidés (29,2-4). L´homme de bien se porte caution pour son prochain(...). N´oublie pas les services de ton garant: il a donné sa vie pour toi. Des bontés de son garant, le pêcheur n´a cure; l´ingrat oublie celui qui l´a sauvé. Une caution a ruiné bien des gens droits. Ne te précipite pas pour cautionner en quête d´un profit” (29,14-17).
Sur l´adultère: “L´homme infidèle à sa propre couche et qui dit en son coeur.”Qui me voit?”(...), il ne sait pas que les yeux du Seigneur sont dix mille fois plus lumineux que le soleil (...). Il en est de même de la femme infidèle à son mari et qui lui apporte un héritier conçu d´un autre” (23, 18-22). À propos de la prostitution et de la fornication: “Ne va pas au-devant d´une courtisane: tu pourrais tomber dans ses pièges” (9,3). “Ayez honte de la débauche devant un père et une mère”(41,17).
À propos de l´indépendance personnelle et de l´héritage: “À ton fils, à ton frère, à ta femme, à ton ami, ne donne pas pouvoir sur toi pendant ta vie (...). Tant que tu vis et qu´il te reste un souffle, ne te livre pas au pouvoir de qui que ce soit. Car il vaut mieux que ce soient tes enfants qui te demandent, plutôt que de tourner vers eux des regards suppliants. En tout ce que tu fais reste le maître, ne fais pas une tâche à ta réputation. Quand seront consommés les jours de ta vie, à l´heure de la mort, distribue ton héritage” (33,20-24).
En ce qui concerne les prédictions adivinatoires, les augures et les rêves: les rêves “ne sont que rêves”, comme le dit Calderón; mais certains renferment un message; pour éviter de se tromper, il convient de discerner: “ Les songes donnent des ailes aux sots (...). Divinations, augures, songes, autant de vanités, ce sont là rêveries de femme enceinte. À moins qu´ils ne te soient envoyés en visiteurs du Très-Haut, n´y applique pas ton coeur. Les songes ont égaré beaucoup de gens, ceux qui comptaient dessus ont échoué” (34,1-7).
Les sacrifices injustes ne sont pas agréables à Dieu: “Sacrifier un bien mal acquis, c´est se moquer, les dons des méchants ne sont pas agréables. Le Très-Haut n´agrée pas les offrandes des impies, ce n´est pas pour l´abondance des victimes qu´il pardonne les péchés (... ). Une maigre nourriture, c´est la vie des pauvres; les en priver, c´est commettre un meurtre. C´est tuer son prochain que de lui arracher sa subsistance; c´est verser le sang que de priver le salarié de son dû” (34,18-22). C´est ce passage qui s´imposa à Bartolomé de las Casas lors de sa conversion.
Prière pour la renovation: “Aie pitié de nous(...). Renouvelle les signes et fais d´autres miracles, glorifie ta main et ton bras droit (...). Donne satisfaction à ceux qui espèrent en toi, et que leurs prophètes se trouvent justifiés. Exauce, Seigneur, la supplication de ceux qui te servent” (36,1-22, cf. Ac 4,29-31).
Le discernement est toujours nécessaire: “L´estomac accueille toute sorte de nourriture, mais tel aliment est meilleur qu´un autre. Le palais reconnaît à son goût le gibier, de même le coeur avisé discerne les paroles mensongères. Un coeur pervers donne du chagrin, l´homme d´expérience le paie de retour” (36,23-25).
Choix de l´épouse: “Heureux l´époux dont la femme est excellente, le nombre de ses jours sera doublé” (26,1). “La beauté d´une femme réjouit le regard, c´est le plus grand de tous les désirs de l´homme. Si la bonté et la douceur sont sur ses lèvres, son mari est le plus heureux des hommes”. L´épouse est “une aide semblable à lui, une colonne d´appui” (36, 27-29). Néanmoins, l´Ecclésiastique reflète ici aussi la situation de la femme dans le monde de l´Antiquité: “Une femme accepte n´importe quel mari” (36,26). N´a-t-elle pas la possibilité de choisir? Ne s´agit-il que d´un objet qu´on acquiert ou qu´on achète? Devient-elle la propriété de son mari? “Celui qui acquiert une femme acquiert le début de la fortune” (36, 29).
Les conseillers: “Ne fais rien sans prendre conseil, et tu n´auras pas à te repentir de tes actions” (32,19). Maintenant, “comme conseiller, un entre mille” (...). “Tout conseiller donne des conseils, mais il en est qui cherchent leur propre intérêt. Méfie-toi du donneur de conseils, demande-toi d´abord de quoi il a besoin (...). Adresse-toi toujours à un homme pieux, que tu connais pour observer toujours les commandements, dont l´âme est comme la tienne et qui, si tu échoues, partagera ta souffrance. Ensuite, tiens t´en fermement au conseil de ton coeur, car nul ne peut t´être plus fidèle. Car l´âme de l´homme l´avertit souvent mieux que sept veilleurs en faction sur une hauteur. Et par-dessus tout, supplie le Très-Haut, qu´il dirige tes pas sur le chemin de la vérité” (37, 7-15).
Médecine et maladie. C´est la voix du bon sens, le médecin est là pour quelquechose: “Honore le médecin pour ses services (...). Mon fils, quand tu es malade, ne sois pas négligent mais prie le Seigneur, et lui te guérira (...). Puis aie recours au médecin, car c´est le Seigneur qui l´a créé, lui aussi (...). Il y a des cas où l´heureuse issue est entre les mains des médecins. À leur tour, en effet, ils prieront le Seigneur pour qu´il leur accorde la faveur d´un soulagement et la guérison pour te sauver la vie. Il pèche contre son Créateur, celui qui se croit plus fort que le médecin” (38,1-15).   
Le deuil et la mort: “Mon fils, répands tes larmes pour un mort (...). Observe le deuil comme le mort le mérite, un jour ou deux, pour éviter de faire jaser; puis console-toi de ton chagrin (...). Car lui n´en tirera aucun profit et toi, tu ne te feras que du mal à toi-même” (38,16-21). Ô mort, quelle amertume que de penser à toi, pour l´homme qui vit heureux et au milieu de ses biens (...). Et cependant, ta sentence est la bienvenue pour l´homme misérable et privé de ses forces; pour le vieillard usé, débordé par les soucis, révolté et à bout de patience!” (41,1-2).
Le sage ou scribe est l´interprète de l´Écriture: “La sagesse du scribe, s´acquiert aux heures de loisirs, celui qui sait se libérer de ses affaires devient sage” (38,24). “Il scrute la sagesse de tous les Anciens, il consacre ses loisirs aux prophéties. Il conserve les récits des hommes célèbres, il pénètre dans les détours des paraboles, il cherche le sens caché des proverbes (...). Il voyage dans les pays étrangers, il fait l´expérience de ce qu´il y a de bon et de mauvais parmi les hommes. Dès le matin, de tout son coeur, il se tourne vers son créateur (...). S´il vit longtemps, son nom sera plus glorieux que mille autres, et s´il meurt cela lui suffit” (39,1-11).
Après avoir évoqué la gloire de Dieu dans la nature (42,15-43,33), on en vient à faire l´éloge des ancêtres. Sont présents Abraham, Moïse, Samuel, David, Salomon, Élie, Élisée, Isaïe et le prêtre Simon (44,1-50,21). On remarquera que tous sont des hommes: où sont-elles, les femmes dont l´Écriture chante les louanges?
L´auteur de l´Ecclèsiastique est le dernier maillon d´une chaîne (8,9), comme ceux qui recueillent les épis derrière les moissonneurs, comme un canal qui laisse passer l´eau :” Et moi, je suis comme un canal issu d´un fleuve (...); et j´ai dit: “Je vais arroser mon jardin, je vais irriguer mes parterres”. Et voici que mon canal est devenu fleuve et que le fleuve est devenu mer” (24,30-31). Je ferai luire l´instruction comme l´aurore, je porterai au loin sa lumière. Je répandrai encore l´instruction comme une prophétie et je la transmettrai aux générations futures. Voyez, ce n´est pas pour moi seul que je travaille, mais pour tous ceux qui la cherchent” (24,32-34). À la fin, il est dit: ”Heureux qui  consacre son temps à ce travail et le garde dans son coeur, il acquiert la sagesse” (50,28).
Jésus se présente comme la sagesse de Dieu: ”Venez à moi...” (Mt 11,28;Jn 7,37-38), et il invite à un repas: ”Prenez et mangez”, “prenez et buvez” (Mt 26,26-28). Plus encore, il est la sagesse de Dieu (1 Co 1,24). Il fallait que Dieu parle clairement, avec des paroles humaines: “La parole de Dieu s´est fait chair”, elle s´est fait homme (Jn 1,14); “tu ne voulais ni sacrifices, ni holocaustes, mais tu m´as préparé un corps” (Ps 40). Méconnu par une génération perverse, il est accueilli par ceux qui sont dociles à Dieu: “La sagesse de Dieu a été justifiée par ses enfants” (Lc 7,35), “par ses oeuvres” (Mt 11,19).
Jésus rend grâces au Père parce que ce sont les petits qui comprennent l´Évangile: “Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre d´avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l´avoir révélé aux tout-petits” (Mt 11,25). Les disciples ont une sagesse que ne peuvent contredire leurs adversaires (Lc 21,15). Les adversaires, ce sont les scribes et les Pharisiens: “Voici que j´envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes: vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et  en pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang de l´innocent Abel jusqu´au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l´autel! En vérité, je vous le dis, tout cela va retomber sur cette génération!” (Mt 23,34-36).
L´Évangile, sagesse de Dieu, est diamètralement opposé à la sagesse du monde, c´est à dire à la mentalité juive et à la mentalité grecque. Dans cette lutte, Paul annonce l´Evangile “non pas avec un langage de sagesse, pour ne pas réduire à néant la croix du Christ, mais, parce que, dit l´Écriture: Je détruirai la sagesse des sages et je rendrai inutile l´intelligence des intelligents. Où est-il, le sage? Où est-il, l´homme cultivé? Où est-il, le raisonneur de ce siècle? Dieu n´a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? Puisqu´en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n´a pas reconnu Dieu dans sa divine sagesse, c´est par la folie du message qu´il a plu à Dieu de sauver les croyants. Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c´est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes” (1 Co 1, 22-24).
*Dialogue:
-la sagesse de Dieu est utile pour affronter les problèmes ordinaires de la vie
-il convient de choisir entre sagesse et bêtise, ce sont deux chemins
-comme un canal qui laisse passer l´eau
-je continuerai à repandre l´instruction comme une prophétie  
-Jésus est la sagesse de Dieu
-Sagesse de Dieu et sagesse du monde